La Banque d'Angleterre et la Banque de Suède, créées respectivement en 1694 et 1668, ont été les premières banques centrales au monde. Les deux vieilles dames pourraient à nouveau donner le "la" de l'innovation financière en étant les premières à lancer leurs propres devises numériques.

Voici trois ans environ, la Bank of England a créé un laboratoire qui planche, avec l'aide de sociétés spécialisées dans la technologie financière, sur les innovations qui pourraient l'aider. Un des projets en gestation concerne la création d'une crypto-monnaie comme le bitcoin.

Ce "Britcoin" aurait toutefois une valeur bien plus stable que le bitcoin originel, car il serait lié à la livre sterling. Mais il offrirait les mêmes avantages. Il utiliserait, lui aussi, la blockchain, la technologie sous-jacente au bitcoin qui permet de constituer de grandes bases de données de transactions infalsifiables et dont les mises à jour sont accessibles à tous en temps réel. La blockchain permettrait ainsi d'assurer la traçabilité du "Britcoin" utilisé (il a servi pour payer telle transaction, puis telle autre, puis telle autre et il se trouve aujourd'hui sur le compte de Mr Untel). Cette technologie garantit aussi l'impossibilité d'émettre de faux "Britcoins". Selon le quotidien The Telegraph, le projet pourrait se concrétiser cette année encore. La Banque d'Angleterre n'est pas la seule à envisager sérieusement son propre bitcoin. Le Venezuela et la Russie ont annoncé travailler dans cette voie, de même que la Banque de Suède qui travaille sur le lancement d'une e-krona : une devise numérique garantie par l'Etat.