Il s'appelle Ibrahim. Il vit à Schaerbeek. On comprend vite qu'il a fait une connerie. Et pas une petite. Mais on comprend aussi que tout n'est pas perdu pour lui, parce qu'il y a l'école notamment, sa juge, sa mère qui a traversé l'Europe pour aller le rechercher dans l'horreur où il était tombé, et...

Il s'appelle Ibrahim. Il vit à Schaerbeek. On comprend vite qu'il a fait une connerie. Et pas une petite. Mais on comprend aussi que tout n'est pas perdu pour lui, parce qu'il y a l'école notamment, sa juge, sa mère qui a traversé l'Europe pour aller le rechercher dans l'horreur où il était tombé, et puis parce qu'il y a Jacky. Jacky est juif. D'abord, c'est un problème pour Ibrahim. Une part de lui a appris à détester les juifs, même s'il n'en connaissait aucun avant de rencontrer Jacky via son école, engagée dans un projet de rencontres interclasses intitulé "Une journée pour vivre ensemble". Comme ses camarades, Ibrahim avait traîné les pieds jusque dans les beaux quartiers où étudient sous protection les enfants du lycée Beth-Yaldout. C'est là que les deux garçons se découvrent, et que naît une amitié: "C'était juste un garçon comme moi", conclura Ibrahim. Ensemble, ils courent, taguent des murs, écoutent de la musique et projettent d'étudier à l'université. On ne vous dira pas s'ils y arriveront mais ce que l'on peut vous révéler, c'est qu'avec ce récit certes un brin cliché dans ses personnages, Geneviève Damas signe une belle ode à la magie de l'amitié qui peut tout. Une histoire sensible, feel good, malgré une fin qui reste ouverte. On comprend en tout cas l'attachement de Geneviève Damas au sujet qu'elle traite, elle qui a mené des ateliers similaires à ceux que décrit son héros. En espérant que cette fiction soit inspirée de préjugés envolés chez deux enfants bien réels.