Le ministre allemand des Finances Olaf Scholz n'avait pas précisément le moral pour sa première interview de l'année. En s'adressant voici quelques jours à l'hebdomadaire Bild am Sonntag, il a déclaré tout net : " Le bon vieux temps où l'Etat encaissait plus d'impôts que prévu arrive à sa fin. Pour 2018, nous allons à nouveau afficher un excédent. Mais maintenant, les années fastes, c'est fini. Désormais, je ne m'attends plus à des recettes fiscales supplémentaires imprévues ".
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Le ministre allemand des Finances Olaf Scholz n'avait pas précisément le moral pour sa première interview de l'année. En s'adressant voici quelques jours à l'hebdomadaire Bild am Sonntag, il a déclaré tout net : " Le bon vieux temps où l'Etat encaissait plus d'impôts que prévu arrive à sa fin. Pour 2018, nous allons à nouveau afficher un excédent. Mais maintenant, les années fastes, c'est fini. Désormais, je ne m'attends plus à des recettes fiscales supplémentaires imprévues ". En 2017, les finances publiques allemandes avaient engrangé un surplus de 36,6 milliards d'euros. En 2018, il y aura encore davantage de recettes que de dépenses, mais le gain sera vraisemblablement moins important. Et en 2019, donc, l'Allemagne devrait retomber en déficit. La très bonne santé ces dernières années des finances publiques allemandes était évidemment le miroir de la tonicité générale de l'économie du pays. Or, l'Allemagne, moteur économique de la zone euro, semble s'enfoncer dans une longue période de croissance molle. En décembre dernier, le ministre allemand de l'Economie, Peter Altmaier, a une nouvelle fois révisé à la baisse la croissance du pays en 2018. En avril, Berlin tablait en effet encore sur une croissance de 2,3%. En octobre, celle-ci avait déjà été rabaissée à 1,8%. Et voici quelques semaines, Peter Altmaier a déclaré que la progression de l'activité de l'économie allemande serait plutôt de l'ordre de 1,5 ou 1,6%. Du coup, on peut penser que les prévisions pour cette année, qui tournent encore autour de 1,8%, sont un peu trop optimistes. Au troisième trimestre de l'an dernier, l'activité économique en Allemagne a affiché un recul de 0,2% par rapport au trimestre précédent. Un tel recul n'avait plus été observé depuis 2015. Ce ralentissement s'explique surtout par la menace de plus en plus concrète d'un Brexit dur et par la guerre commerciale sino-américaine, qui a évidemment des retombées sur le principal exportateur européen, qui souffre aussi des menaces de Donald Trump à l'égard de l'Allemagne et de l'Union européenne. Mais les problèmes rencontrés par les constructeurs automobiles, grands pourvoyeurs de main-d'oeuvre outre-Rhin, n'arrangent pas les choses, eux qui doivent affronter les retombées du dieselgate chez VW, sont tenus de mettre en oeuvre de nouvelles normes anti-pollution et se demandent comment répondre à la chute de la demande pour des voitures diesel, Les années fastes, c'est en effet fini.