Lorsqu'elle atterrit chez Pranarôm, le spécialiste de l'aromathérapie scientifique basé à Ghislenghien, Mireille Vanvolsem suscite quelque peu la méfiance au sein de l'entreprise. " J'étais la Coca-Cola woman qui débarquait au pays des huiles essentielles, se souvient avec le sourire la toute jeune quadra, car j'avais déjà 10 années de multinationale derrière moi et j'arrivais subitement dans une PME familiale qui comptait à l'époque 35 employés. "
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Lorsqu'elle atterrit chez Pranarôm, le spécialiste de l'aromathérapie scientifique basé à Ghislenghien, Mireille Vanvolsem suscite quelque peu la méfiance au sein de l'entreprise. " J'étais la Coca-Cola woman qui débarquait au pays des huiles essentielles, se souvient avec le sourire la toute jeune quadra, car j'avais déjà 10 années de multinationale derrière moi et j'arrivais subitement dans une PME familiale qui comptait à l'époque 35 employés. " Nous sommes en 2011. Après des études effectuées à l'Ichec et un parcours professionnel qui l'a menée successivement chez L'Oréal, Danone et Coca-Cola, la senior brand manager des jus de fruits Minute Maid rêve d'autres horizons. " J'allais être maman et j'avais suivi une formation en nutrithérapie, poursuit Mireille Vanvolsem. La veille de mon accouchement, j'ai rencontré une personne active dans un fonds d'investissement et qui s'apprêtait à entrer au capital de Pranarôm. Or, cette société n'avait pas vraiment de stratégie marketing et j'ai donc décidé de relever le défi qui m'a été proposé. " Fondée par Dominique Baudoux en 1991, Pranarôm commercialise principalement des huiles essentielles à des fins thérapeutiques. Après quelques années de vaches maigres et une gestion plutôt artisanale, la marque débarque en pharmacie en 2003 et commence à séduire un certain public. Une filiale voit le jour en Espagne quatre ans plus tard et, en 2011, le fonds d'investissement Vendis Capital rejoint la société familiale pour l'aider à passer la vitesse supérieure et conquérir d'autres marchés. C'est dans ce contexte singulier que Mireille Vanvolsem arrive à Ghislenghien. " J'ai essayé de comprendre rapidement l'ADN de la marque ainsi que son histoire, raconte la directrice marketing de Pranarôm. Je me suis approprié son univers, j'ai soigné mes deux enfants avec des huiles essentielles et j'ai vécu littéralement le produit. J'ai découvert que c'était une vraie pépite et qu'il fallait la faire connaître parce qu'elle n'était pas connue à l'époque. Peu à peu, j'ai donc redéfini la marque, revu son positionnement et son identité visuelle, tout en incitant l'équipe à développer de nouveaux produits et à mieux se former aux techniques du marketing. " Le succès est fulgurant et, en six années à peine, Pranarôm triple son chiffre d'affaires. De 18 millions d'euros en 2011, celui-ci passe en effet à plus de 55 millions en 2016. Entretemps, la société a également absorbé deux autres entreprises (Herbalgem et Biofloral) et regroupé les trois entités sous le nom coupole d'Inula Group (74 millions de chiffre d'affaires pour l'ensemble des activités en 2016, avec un Ebitda spectaculaire de plus de 25 millions). Solide, la marque de référence s'est aussi exportée avec cinq filiales de vente désormais implantées en Espagne, en France, en Italie, au Portugal et, depuis l'année dernière, aux Etats-Unis. " Notre prochain défi sera le digital, conclut Mireille Vanvolsem. Bien sûr, nous avons un site Internet qui attire 130.000 visiteurs par mois et nous comptons 45.000 fans sur Facebook, mais nous n'avons pas encore de réelle stratégie de vente dans cet univers numérique. On attaquera en 2018 ! ". La Coca-Cola woman n'est pas près de raccrocher. F.B.