Petite devinette : à quel titre de presse appartient le slogan " Le poids des mots, le choc des photos " ? A Paris-Match évidemment ! Cette accroche imaginée en 1978 a beau avoir été abandonnée par la rédaction il y a 10 ans, elle reste solidement ancrée dans la mémoire des plus de 40 ans. " La photo était vraiment le fer de lance du magazine ", explique au bout du fil, Claude Azoulay, dit Zouzou. A 84 printemps, dont 43 ans passés derrière son Leica pour le compte de la publication au logo blanc sur fond rouge, il a réalisé des milliers de portraits. On ne les compte plus. Marilyn Monroe à New York, JFK à l'Elysée, une jeune comédienne de 17 ans nommée Isabelle Adjani, ou encore la princesse Paola au balcon de la Grand-Place de Bruxelles en 1959. La future reine de Belgique qui salue la foule est l'une des images que l'on pourra acquérir lors de la vente Paris Match : la passion du photojournalisme qui rassemble 143 tirages. Les enchères auront lieu le 30 septembre prochain chez Cornette de Saint Cyr, à Bruxelles.
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Petite devinette : à quel titre de presse appartient le slogan " Le poids des mots, le choc des photos " ? A Paris-Match évidemment ! Cette accroche imaginée en 1978 a beau avoir été abandonnée par la rédaction il y a 10 ans, elle reste solidement ancrée dans la mémoire des plus de 40 ans. " La photo était vraiment le fer de lance du magazine ", explique au bout du fil, Claude Azoulay, dit Zouzou. A 84 printemps, dont 43 ans passés derrière son Leica pour le compte de la publication au logo blanc sur fond rouge, il a réalisé des milliers de portraits. On ne les compte plus. Marilyn Monroe à New York, JFK à l'Elysée, une jeune comédienne de 17 ans nommée Isabelle Adjani, ou encore la princesse Paola au balcon de la Grand-Place de Bruxelles en 1959. La future reine de Belgique qui salue la foule est l'une des images que l'on pourra acquérir lors de la vente Paris Match : la passion du photojournalisme qui rassemble 143 tirages. Les enchères auront lieu le 30 septembre prochain chez Cornette de Saint Cyr, à Bruxelles. Il s'agit de la troisième vacation organisée depuis 2016 par l'hebdomadaire français et la première qui se déroule chez nous. " On reprend les thématiques de la première vente de Match qui s'était déroulée à Paris, c'est-à-dire la politique, la guerre, les sciences, le people, le sport, l'art et la culture, auxquelles on a ajouté une thématique belge qui montre comment le journal raconte, depuis sa création en 1949, ce qui se passe dans votre pays ", détaille Marc Brincourt, conseiller photo pour le groupe Lagardère et ex-rédacteur en chef photo de Paris Match durant trois décennies. Privilège de l'hôte oblige, la Belgique est donc très présente dans un catalogue où les people se taillent la part du lion. Jacques Brel en concert, Hergé au travail, Georges Simenon de retour à Liège, Eddy Merckx filant sur son vélo de course, Lio qui se déhanche avec un hula-hoop près de la place de l'Etoile ou encore l'inévitable Johnny Hallyday posant avec ses voitures rutilantes, ils sont tous là ! Mais notre pays n'est pas le seul concerné par ce Hall of Fame qui se concentre surtout sur les années 1960 et 1970. Alain Delon au temps de sa splendeur, Serge Gainsbourg avec ses Gitanes et ses Repetto blanches, Jack Nicholson et son sourire carnassier, le général de Gaulle, reconnaissable même de dos, etc. : le casting brille de mille feux. Détail amusant : neuf fois sur dix, les sujets sont cadrés à l'horizontale, pour se conformer à la fameuse " double page ", marque de fabrique du magazine. Les inconnus, eux, se comptent sur les doigts de la main. Tel celui du lot 64, magnifique portrait serré d'un mineur de fond, rescapé de la catastrophe du Bois du Cazier qui a causé la mort de 262 personnes en 1956, à Marcinelle. C'est l'une des rares photos du genre car les drames et conflits ont été volontairement écartés de la sélection. " La plupart des acheteurs acquièrent ces photos pour les exposer chez eux. Accrocher une photo de la guerre du Vietnam ou du Biafra, ce n'est pas évident " justifie Marc Brincourt. La mise sur le marché de l'art de ces tirages limités (de 1 à 30 exemplaires), réalisés spécialement pour l'occasion, le plus souvent au format 53x80 cm, est une pratique récente pour le journal. " Il y a cinq ans encore, on ne mettait pas les photographes en avant. Les ventes permettent de les faire connaître au grand public, de les faire sortir de l'ombre, même si la vraie star reste bien entendu Paris Match." Mis à part l'un ou l'autre grand nom de l'objectif, comme Izis, la très grande majorité des images proposées est donc le fait de reporters qui n'ont pas (encore ?) de cote sur le marché. D'où les prix très accessibles. Les estimations s'échelonnent entre 1.500 et 2.500 euros quel que soit le lot. En 2016, les tirages proposés à la vente ont été cédés en moyenne pour 2.200 euros. La photo du président Chirac endormi dans le Concorde, partie pour 17.000 euros, reste une exception. La nostalgie d'une époque révolue, présentée sous son plus beau jour, est pourtant un argument attrayant. Une chose est sûre, l'âge d'or évoqué dans ses clichés concernait aussi ceux qui les prenaient. A sa grande époque, donc avant la crise de la presse, Paris Match n'hésitait pas à affréter une Caravelle équipée d'un labo photo pour couvrir l'élection de Paul VI à Rome. Au plus fort de son histoire, le journal employa 37 photographes salariés. Aujourd'hui, ils ne sont plus que deux. Mais ça, c'est une autre histoire.