Il y a quelques années, au théâtre parisien de la Contrescarpe, on a chopé le programme d'une demi-douzaine de stand-uppers plus ou moins débutants. Cette soirée-là en révéla deux, loin en tête d'humour: un certain Guillermo Guiz et un autre jeune homme bien sous to...

Il y a quelques années, au théâtre parisien de la Contrescarpe, on a chopé le programme d'une demi-douzaine de stand-uppers plus ou moins débutants. Cette soirée-là en révéla deux, loin en tête d'humour: un certain Guillermo Guiz et un autre jeune homme bien sous tous rapports: Haroun. Allure de beau-fils idéal, p(r)ince sans rire, il signe des textes décalés qui traitent de politique, de racisme, de culture, de juifs et d'arabes. Cruels, originaux et impitoyablement drôles. Déclencheurs de succès: Haroun cartonne vite sur le net avec ses Pasquinades comme sur scène où il remplit généreusement les salles, dont le prestigieux Théâtre Edouard-VII parisien. Pour son second spectacle, Seuls, présenté dans les prochains temps en Belgique, le quasi-quadra (1984) a créé une sorte de double vaguement maléfique dont la distinction apparente, genre racaille désabusée, contraste avec la force tranquille de l'Haroun original. Avec toujours des cibles qui le méritent, comme les réseaux invasifs et cette obsession de voir la part d'ombre qui rôde en chacun d'entre nous. Si l'on cite volontiers les influences de Coluche ou Desproges, Haroun possède cette façon au vitriol de lire l'actu qu'avait aussi Guy Bedos.