Vous avez sans doute avalé les deux au cours des derniers réveillons, diagnostique le spécialiste en biologie marine Thomas Maes après avoir plongé 1.400 huîtres dans divers environnements aquatiques 80 jours durant. Certains de ces environnements contenaient 10.00...

Vous avez sans doute avalé les deux au cours des derniers réveillons, diagnostique le spécialiste en biologie marine Thomas Maes après avoir plongé 1.400 huîtres dans divers environnements aquatiques 80 jours durant. Certains de ces environnements contenaient 10.000 particules par litre, les autres 100.0000 voire un million. Sans grande surprise, la mortalité y a été proportionnelle aux concentrations. " Imaginez qu'on mélange des billes à la nourriture pour enfants, commente le chercheur flamand actuellement en fonction au Cefas, le Centre d'écologie de la pêche et de l'aquaculture britannique. Pour les huîtres, c'est pareil. Au-delà d'un certain seuil, elles ne parviennent plus à filtrer les microplastiques et les ingèrent - et nous forcément aussi." A la clé, une baisse de la fécondité ostréicole d'autant plus malvenue que notre pays importe bon an mal an environ 2.600 tonnes d'huîtres. Il n'en a pourtant pas toujours été ainsi. Célèbres à la Belle Epoque, les " Ostendaises " et autres " Royales d'Ostende " étaient en effet exportées par millions. Mais l'épidémie des années 1960 a décimé les derniers producteurs. Une trentaine d'années plus tard, la famille Puystjens a pris la relève mais à une échelle plus modeste. A Ostende, l'entreprise De Oesterput ne produit en effet que 150.000 coquillages par an.