Expérience personnelle... Il n'est pas fréquent de découvrir dans les espaces extérieurs d'un grand aéroport international - celui de Rome - une sculpture signée d'un créateur belge. On la reconnaît à sa silhouette de monsieur à chapeau tendance cosmique, confrontée à la circulation
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Expérience personnelle... Il n'est pas fréquent de découvrir dans les espaces extérieurs d'un grand aéroport international - celui de Rome - une sculpture signée d'un créateur belge. On la reconnaît à sa silhouette de monsieur à chapeau tendance cosmique, confrontée à la circulationet aux embouteillages comme s'il s'agissait d'un grand talisman chargé de calmer le jeu. Evidemment, le bronze romain n'est qu'une des très nombreuses compositions en trois dimensions de Jean-Michel Folon (1934-2005) présentes à l'international. Encouragé par son ami César, celui qui fut aussi aquarelliste, peintre et graveur produisit dès la fin des années 1980 de nombreuses sculptures liées à son univers. Poétique, fantasque, retouchant la gravité humaine dans des propositions qui semblent flotter au-delà de la réalité quotidienne. Installée depuis 2000 dans le parc du domaine Solvay à La Hulpe, la Fondation Folon n'a pas seulement constitué un intelligent musée présentant le parcours de ce créateur polymorphe dans une scénographie plutôt rafraîchissante. Pour son 20e anniversaire, elle propose aussi, ces temps-ci, de sortir de son biotope naturel en déplaçant le patrimoine " folonien " pour le site plus sauvage de Villers-la-Ville. Ce n'est pas la première fois que le Belge voit ses statues exposées en plein air : il les a déjà proposées dans des lieux aussi divers que le château de Seneffe et le Forte di Belvedere à Florence. Mais installer une vingtaine de statues grand format dans les demi-ruines de cette fameuse abbaye cistercienne reste une bonne idée. Le choc - relatif - vient de la confrontation entre les vestiges d'une construction du 12e siècle et les compositions de Folon, élevées huit siècles plus tard. Outre le décalage temporel, on apprécie aussi cette juxtaposition aux éléments naturels. Ainsi, les créations changent d'apparence au gré de la lumière et des saisons, comme on peut toujours le voir sur la plage de Knokke où, depuis 1997, un personnage de bronze " folonien " voisine avec les marées.