L'expérience d'art vidéo en contexte muséal est fréquemment décevante. Jugement certes un rien raccourci mais qui, au MAC's, prend d'emblée une tout autre allure. Sino-Australienne née en Indonésie en 1966, Fiona Tan explore ses cibles favorites - les territoires de la mémoire et de l'identité- avec auta...

L'expérience d'art vidéo en contexte muséal est fréquemment décevante. Jugement certes un rien raccourci mais qui, au MAC's, prend d'emblée une tout autre allure. Sino-Australienne née en Indonésie en 1966, Fiona Tan explore ses cibles favorites - les territoires de la mémoire et de l'identité- avec autant d'intuition que de sens plastique, dans des films bien au-delà de la classique cible art vidéo. Celle qui, en 2009, a représenté les Pays-Bas à la Biennale de Venise propose au MAC's plusieurs installations qui interrogent l'archivage, ainsi que les raisons pour lesquelles l'humain, mais aussi les institutions gardent et conservent ce qui permet à terme d'interroger l'histoire. Le parcours débute par le film Depot, petite merveille tournée dans deux musées de sciences naturelles allemands, où les espèces mises en vitrine ou en bocal déclenchent des images aussi étranges que poétiques. Même sensation pour Inventory où une demi- douzaine d'écrans plonge dans la collection gréco- romaine de l'architecte du 18e siècle, Sir John Soane. A même hauteur intrigante, la seconde partie de l'exposition s'inspire de recherches menées par Fiona Tan au Mundaneum montois, conservateur de milliers de fiches d'index thématiques ayant traversé les époques et les guerres. Une séduisante réflexion sur le temps qui se termine par une monumentale sculpture de cordes inspirée des salles des charbonnages où les mineurs pendaient leurs affaires.