De l'extérieur, voici encore quelques mois, rien ne semblait pouvoir arrêter le succès de WeWork (désormais rebaptisée WeCompany). Ce géant des espaces de travail partagés (coworking) s'était engagé dans une croissance internationale phénoménale et dans un processus - attendu - d'entrée en Bourse.
...

De l'extérieur, voici encore quelques mois, rien ne semblait pouvoir arrêter le succès de WeWork (désormais rebaptisée WeCompany). Ce géant des espaces de travail partagés (coworking) s'était engagé dans une croissance internationale phénoménale et dans un processus - attendu - d'entrée en Bourse. Valorisée à 47 milliards de dollars lors de l'arrivée dans son capital du japonais Softbank en janvier dernier, la firme fondée par le bouillant Adam Neumann était très attendue sur les marchés. Suscitant tout à la fois le doute et la fascination, les spéculations allaient bon train. Mais alors que les projecteurs se braquent sur la " start-up " la plus valorisée des Etats-Unis, le prestige du patron est de plus en plus écorné par la presse qui révèle une succession d'agissements troubles. Il aurait ainsi réussi à se créer un empire immobilier personnel grâce aux capitaux de son entreprise, aurait facturé à celle-ci 6 millions de dollars pour avoir trouvé son nouveau nom (WeCompany) et touché pas moins de 700 millions en vendant ses parts dans le groupe. Des procédés qui ne plaisent pas trop aux investisseurs. Lesquels ont poussé ce patron omniprésent et omnipotent vers la sortie la semaine passée. " Bien que notre business n'ait jamais été aussi solide, la surveillance minutieuse dont j'ai été l'objet est devenue une distraction importante et j'ai décidé qu'il était dans le meilleur intérêt de l'entreprise que je me retire du poste de directeur général ", a commenté Adam Neumann qui ne conserve plus qu'un rôle non exécutif dans WeCompany. Il est remplacé par un duo composé d'Artie Minson et Sebastian Gunningham. Mais ce départ n'est qu'un des rebondissements rencontré par la firme en pleine IPO. Avant d'entrer en Bourse, la firme avait revu sa valorisation à... 15 milliards de dollars seulement, soit plus de trois fois moins que ce qu'elle déclarait en début d'année. Il faut dire qu'en plus des critiques à l'égard de son emblématique fondateur, WeWork a également fait l'objet du scepticisme financier des investisseurs qui peinaient à souscrire au modèle d'une firme qui continue de perdre beaucoup d'argent. Si son chiffre d'affaires a doublé l'an dernier, pour atteindre près de 1,8 milliard de dollars, ses pertes ont, elle aussi, doublé et s'élèvent à 1,9 milliard de dollars ! Face à ce fiasco, la nouvelle direction du groupe a pris la décision, en début de semaine, d'annuler purement et simplement l'introduction en Bourse. Un coup de tonnerre pour WeWork qui cherche encore des sources de financement. Notons qu'en juin dernier, le total des engagements consentis par WeWork auprès des propriétaires de locaux s'élevait à pas moins de 47,2 milliards de dollars, sur l'ensemble de la durée des baux. Rien que cela !