Deuxième levée du Grand Chelem de l'année, l'US Open fait escale, cette semaine, sur le parcours d'Erin Hills, dans le Wisconsin. De construction récente (2004), ce championship course s'érige en juge de paix impitoyable. Très long (par 72 de 7.153 mètres), exposé au vent, balisé par des bunkers profonds et un rough épais, il dégage un petit parfum de links écossais. Le trou n°18 est sans doute le plus challenging. Ce par 5 de 560 mètres compte la bagatelle de 25 bunkers, dont un placé au beau milieu du fairway. Et le green, lui-même, est ceinturé par une myriade de cratères de s...

Deuxième levée du Grand Chelem de l'année, l'US Open fait escale, cette semaine, sur le parcours d'Erin Hills, dans le Wisconsin. De construction récente (2004), ce championship course s'érige en juge de paix impitoyable. Très long (par 72 de 7.153 mètres), exposé au vent, balisé par des bunkers profonds et un rough épais, il dégage un petit parfum de links écossais. Le trou n°18 est sans doute le plus challenging. Ce par 5 de 560 mètres compte la bagatelle de 25 bunkers, dont un placé au beau milieu du fairway. Et le green, lui-même, est ceinturé par une myriade de cratères de sable ! Bonjour l'angoisse... Quatrième du dernier Masters, Thomas Pieters fait partie des nombreux outsiders de l'épreuve. Le joueur anversois, qui maîtrise parfaitement son agenda de champion, n'a pas beaucoup joué depuis Augusta. Il a donc débarqué dans le Wisconsin très frais physiquement et mentalement avec, forcément, une petite idée derrière la tête. " Lorsque je dépose ma balle sur le tee n°1 d'un tournoi, c'est toujours avec l'intention de gagner. Les places d'honneur ne m'intéressent pas. C'est dans mon tempérament ", sourit-il. Sur le papier, Erin Hills devrait plaire au style du champion belge. Sa longueur de balle devrait lui être très précieuse. " Mais, comme toujours, c'est dans le petit jeu qu'il faudra être performant. Les greens sont très rapides. La clé sera d'éviter les trois putts. " Comme de coutume pour cette épreuve-phare du calendrier made in USA, le plateau est exceptionnel. Absent au Masters après une mauvaise chute domestique, l'Américain Dustin Johnson est le favori logique. Le n°1 mondial avait gagné le titre, l'an passé, à Oakmont et devrait, lui aussi, survoler les obstacles d'Erin Hills avec ses drives à plus de 300 mètres. Ceci dit, la concurrence s'annonce redoutable. Le Texan Jordan Spieth (vainqueur en 2015) retrouve peu à peu son meilleur niveau, l'Irlandais Rory McIlroy (qui n'a plus gagné un Major depuis 2014) a besoin de redorer son blason et l'Espagnol Sergio Garcia (sur sa lancée d'Augusta) a de l'ambition plein le swing. On suivra aussi de près les performances de l'Américain Rickie Fowler (toujours en quête d'un premier Major), de l'Australien Jason Day (légèrement rassuré quant à l'état de santé de sa maman), de l'Anglais Justin Rose (lauréat de l'épreuve en 2013) et, bien sûr, de la meute des jeunes loups, emmenée par Jon Rahm et Justin Thomas. Le vétéran Phil Mickelson, lui, ne sera pas présent. Abonné aux deuxièmes places dans le tournoi (il en compte six à son palmarès), le génial gaucher de San Diego aurait aimé vaincre enfin le signe indien. Mais il a décidé de privilégier la remise de diplôme de sa fille Amanda. " Je ne pouvais manquer ce moment si important dans sa vie ", a confié Lefty, très attaché à sa famille. En 1999, il avait joué ce même US Open avec un bipeur pour pouvoir abandonner au cas où sa femme accouchait durant le tournoi... MIGUEL TASSO