Après des mois de palabres, les 53 communes néerlandaises, propriétaires d'Eneco, avaient annoncé la privatisation totale de l'énergéticien via une procédure d'enchères contrôlées. Elles ont d'ailleurs mandaté la banque américaine Citi en ce sens. Le prix de vente estimé tourne entre 3 et 4 milliards d'euros. Il faut dire qu'Eneco est une affaire qui roule. En 2017 (derniers chif...

Après des mois de palabres, les 53 communes néerlandaises, propriétaires d'Eneco, avaient annoncé la privatisation totale de l'énergéticien via une procédure d'enchères contrôlées. Elles ont d'ailleurs mandaté la banque américaine Citi en ce sens. Le prix de vente estimé tourne entre 3 et 4 milliards d'euros. Il faut dire qu'Eneco est une affaire qui roule. En 2017 (derniers chiffres disponibles), elle a engrangé un chiffre d'affaires de 3,3 milliards en hausse de 22% pour un bénéfice après impôts de 127 millions, en hausse comparable. Eneco est une proie intéressante pour qui veut verdir sa production ou investir dans les énergies bas carbone. L'entreprise dispose de 3 GW de capacité dont 2 dans le renouvelable (éolien, solaire et biomasse). C'est donc sans surprise que deux grands groupes pétroliers, Shell et Total, ont montré de l'intérêt pour la procédure d'enchères. L'un comme l'autre commencent leur transition énergétique et se lancent dans la fourniture d'électricité et de gaz en direction des particuliers et des entreprises. Notamment pour devenir moins dépendants de la volatilité du marché pétrolier. Total a ainsi acquis Lampiris chez nous en 2016 et Direct Energie en France l'an dernier. Shell vient, lui, de racheter First Utility, le septième acteur britannique. Dans la course à Eneco, Shell semble, jusqu'ici, le mieux placé. Grâce à ses racines néerlandaises qui joueront un rôle quand le dossier prendra une tournure politique mais aussi par son souhait de garder le siège central à Rotterdam et par son association dans le dossier avec PGGM, un fonds de pension néerlandais. Reste que Total a largement les moyens de s'offrir Eneco. Engie serait aussi sur les rangs. Ainsi que des fonds d'investissement comme Macquarie. Une vente qui pourrait avoir des répercussions chez nous puisqu'Eneco Belgium compte 1,1 million de clients résidentiels et 55.000 clients professionnels.