On a découvert Marin Ledun avec Les visages écrasés, en 2011, polar sociétal autour de la violence au travail adapté l'an dernier pour Arte avec Isabelle Adjani dans le rôle principal. S'ensuivit un diptyque nerveux et haletant autour de la question basque (L'homme qui a vu l'homme et Au fer rouge) et d'...

On a découvert Marin Ledun avec Les visages écrasés, en 2011, polar sociétal autour de la violence au travail adapté l'an dernier pour Arte avec Isabelle Adjani dans le rôle principal. S'ensuivit un diptyque nerveux et haletant autour de la question basque (L'homme qui a vu l'homme et Au fer rouge) et d'une brillante relecture à la sauce landaise du Misery de Stephen King avec En douce. Avec Ils ont voulu nous civiliser, l'auteur français livre un roman noir gonflé à l'adrénaline et sec comme un coup de trique. Thomas Ferrer est une petite frappe qui " fourguait les canards qu'il volait pour huit euros le kilo à un revendeur dénommé Baxter ". Les deux " associés " ne tardent pas à s'enrouler et Thomas vole de l'argent à ce dernier, s'estimant lésé en affaires. Baxter réquisitionne deux gros bras de la région (la côte Atlantique) pour une course poursuite alors qu'une tempête d'une violence inouïe s'abat au même moment. Ferrer ne peut qu'espérer son salut, par hasard, chez le vieil Alezan, un senior hanté par son amour perdu dans l'Algérie française qui cultive sa haine et sa colère. Marin Ledun n'a jamais écrit de manière aussi épurée. Le rythme est vertigineux et les scènes cinématographiques s'enchaînent au fil des pages. On pense à Assaut de John Carpenter et au réalisateur Sam Peckinpah pour la violence sourde et animale qui se dégage d'un récit somme toute classique mais bouleversant d'humanité. PH.M.