A l'échelle belge, comment définissez-vous cet immobilier de prestige que l'on retrouve dans cette étude ?

C'est une notion compliquée à définir. Ces biens ont une situation exceptionnelle et disposent de caractéristiques rares, comme une architecture qui sort du lot, un degré de finition important ou une orientation idéale.
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C'est une notion compliquée à définir. Ces biens ont une situation exceptionnelle et disposent de caractéristiques rares, comme une architecture qui sort du lot, un degré de finition important ou une orientation idéale. C'est difficile à dire. Nous ne disposons pas de données officielles pour déterminer les Belges qui possèdent un tel patrimoine, au-delà de 30 millions d'euros. Il y a un manque de transparence dans le système belge à ce niveau. Sans oublier le fait qu'un grand nombre de transactions sont actées par le biais de vente de parts de sociétés, un procédé qui sort des radars des notaires. Mais on voit néanmoins que les Belges sont de plus en plus nombreux sur ce marché. Nous retrouvons 60 % de Belges, 20 % de Français et 20 % d'autres nationalités. Ces derniers proviennent des institutions européennes ou de grandes sociétés établies à Bruxelles. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la majorité des transactions concernent donc des Belges. Même si l'arrivée des Français a entraîné une hausse des standards du luxe. Sans eux, on n'aurait jamais vu l'apparition de systèmes d'ascenseur hydraulique pour rejoindre son garage... Ils ont également fait évoluer la demande en matière de villas. De 300 à 400 m2 sur une parcelle de 50 ares, on est passé à des villas bien plus grandes, de 600 m2 sur des parcelles de 15 ares. Ce qui fait monter les prix. A Bruxelles, le prix des biens de prestige avoisine les 8.000 euros/m2. Une belle villa se vend au-delà de 4 millions d'euros. Et les ventes les plus chères atteignent les 10 millions. Le marché y est très stable, ce qui est un grand avantage. Il s'est aussi assaini. Après une baisse l'an dernier suite aux inquiétudes liées au climat anxiogène, on sent depuis le début de l'année que la demande s'intensifie à nouveau. J'estime qu' à terme, les prix pourraient encore grimper jusqu'à 15.000 euros/m2 si le bien est bien situé et qu'il dispose de toutes les finitions. A Uccle (Prince d'Orange et Fort Jaco), dans le quartier de l'Observatoire et Dieweg pour le Lycée Français, à Molière et Brugmann, à Ixelles (quartier Louise, abbaye de la Cambre, jardin du Roi, étangs d'Ixelles, Châtelain), Etterbeek, Boitsfort, Woluwe, mais également dans le haut de Forest et de Saint-Gilles. Il y a également une demande pour Tervuren, Lasne et Waterloo. La situation est évidemment le facteur clé.