Elia, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, a publié la semaine dernière les résultats d'une longue étude sur le futur du système électrique belge. Que faut-il en retenir ? Pour sortir du nucléaire en 2025, Elia estime qu'il faudrait construire des centrales au gaz d'une capacité totale de 3.600 MW. Est-ce réaliste en huit ans ? Elia préconise de subsidier l...

Elia, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, a publié la semaine dernière les résultats d'une longue étude sur le futur du système électrique belge. Que faut-il en retenir ? Pour sortir du nucléaire en 2025, Elia estime qu'il faudrait construire des centrales au gaz d'une capacité totale de 3.600 MW. Est-ce réaliste en huit ans ? Elia préconise de subsidier la construction de ces centrales via un système d'enchères que des spécialistes du secteur jugent impraticable en si peu de temps. Selon Elia, le maintien de Tihange 3 et de Doel 4 au-delà de 2025 permettrait de faire passer le besoin à 1.600 MW. En cas de sortie du nucléaire et de la cons-truction de ces centrales au gaz pour 2025, notre production serait plus faible qu'avant. Les parcs éoliens off-shore et l'augmentation de l'importation d'Allemagne et du Royaume-Uni feraient l'appoint. Elia investit déjà aujourd'hui dans de nouvelles interconnexions pour que notre capacité d'importation passe à 6.500 MW en 2022. Elia souhaite poursuivre dans ce sens et imagine qu'à l'avenir (entre 2030 et 2040), le mix énergétique sera composé aux deux tiers par le renouvelable, le tiers restant étant fourni par les centrales au gaz et les importations. Il serait alors possible de se passer du nucléaire. Toujours dans le domaine de l'approvisionnement électrique, fin de la semaine dernière, Engie Electrabel a annoncé l'arrêt de la centrale de Doel 3 pendant tout l'hiver. La révision du réacteur, qui devait prendre fin le 10 décembre, sera prolongée jusqu'au 15 avril. En cause, des travaux de génie civil plus importants que prévu dans la partie non nucléaire. Selon Elia, l'absence de Doel 3 cet hiver n'est pas alarmante et le risque de black-out semble écarté. Le gestionnaire du réseau de transport aurait intégré un tel risque dans son calcul de la réserve stratégique nécessaire. Par Xavier Beghin