Nul n'est prophète en son pays. Une fois de plus, l'adage se vérifie avec la discrétion qui a entouré le décès du nonagénaire Fritz Derom, un médecin gantois pourtant mondialement célèbre. Il avait ...

Nul n'est prophète en son pays. Une fois de plus, l'adage se vérifie avec la discrétion qui a entouré le décès du nonagénaire Fritz Derom, un médecin gantois pourtant mondialement célèbre. Il avait effectué, en novembre 1968, la première transplantation réussie d'un poumon. Le patient, condamné par une silicose incurable, avait survécu près d'un an avant de décéder d'une cause aujourd'hui encore inconnue. Rejet ? Infection ? Les médecins légistes ne sont en effet jamais parvenus à se mettre d'accord à ce sujet. Mais qu'importe, le mouvement était lancé : Fritz Derom avait prouvé qu'une transplantation du poumon était possible. " Une primeur mondiale qui n'a même pas eu les honneurs de la presse locale ", titrera, des années plus tard, le magazine scientifique anversois Eos. Certes, la déontologie médicale était, à l'époque, allergique à toute forme de " publicité ". Les journaux étrangers n'ont toutefois pas hésité, contrairement aux nôtres, à relater largement la nouvelle.