C'est la dernière idée de quelques chercheurs de l'université d'Anvers. Pour réduire la pollution dans leur ville, ils ont décidé de faire travailler ensemble des architectes-urbanistes, des ingénieurs et des biochimistes. Les premiers sont chargés de réaménager l'espace urbain et de réduire les effets de ce qu'on appelle les street canyons, ces artères étroites et bordées d'immeubles construits en hauteur, telles la Turnhoutse Baan ou la Plantin en Moretuslei ( photo) et qui, faute de circulation d'air suffisante, sont autant de réservoirs de pollution. D'où l'idée de mieux " aérer " les rues en étudiant davantage les courants d'air induits par les constructions. Parallèlement, ingénieurs et biochimistes cherchent à mettre au point des peintures capables de lutter contre la pollution. Comment ? Par la présence de " photocatalyseurs " qui, sous l'effet de la lumière, pourraient éliminer une partie des substances toxiques présentes dans l'atmosphère. " Les deux technologies ne se conçoivent pas l'une sans l'autre ", explique Pieter Billen, professeur de chimie et biochimie à l'université d'Anvers. Pour fonctionner de manière optimale, ces peintures réclament en effet une grande circulation d'air afin de mettre un maximum de polluants en contact avec les cellules chargées de les éliminer. Coûtant fort cher, elles ne seraient apposées qu'aux endroits les plus pollués de la ville.