Avant le début des travaux dans l'ancien bâtiment Citroën, Kanal-Centre Pompidou propose une intervention de l'artiste John M. Armleder jusque fin avril. Pendant sept mois, ce citoyen suisse prend possession de la vaste carcasse de l'ex-garage, et cela sur les six plateaux bruts du show-room transformés en " une const...

Avant le début des travaux dans l'ancien bâtiment Citroën, Kanal-Centre Pompidou propose une intervention de l'artiste John M. Armleder jusque fin avril. Pendant sept mois, ce citoyen suisse prend possession de la vaste carcasse de l'ex-garage, et cela sur les six plateaux bruts du show-room transformés en " une constellation d'expositions ". Fils d'une famille nantie d'hôteliers (propriétaire du très chic Le Richemond genevois), il présente un parcours atypique. Réfractaire au service militaire, il passe sept mois en prison, étudie dans son pays et en Grande-Bretagne, puis cofonde à la fin des années 1960 le groupe Ecart qui introduit sur le marché helvétique et même européen, des artistes comme Andy Warhol et Joseph Beuys. Dans les années 1980, Armleder devient l'un des chouchous de la critique new-yorkaise et commence à développer l'exposition comme un médium existant par lui-même. Adaptant le format et la nature de ses oeuvres aux lieux occupés, précisément ce qu'il fait à Kanal avec une série d'installations de large taille spécialement imaginées pour le lieu. Dédale caverneux, où la lumière intérieure varie au gré de la météo perçue au travers des immenses vitres cernant les salles. L'artiste a aussi conçu une expo-éponge puisqu'elle accueille de nombreuses oeuvres de contemporains, dont " certaines sont éphémères et même invisibles ". Avec des thèmes tournant volontiers autour des concepts d'hospitalité, de collaboration et d'amitié. Incluant pour l'occasion un restaurant et une bibliothèque expérimentale.