Dans une société d'abondance comme la nôtre, pareille formulation peut sembler bizarre. Doctorant à l'Université d'Anvers, Jeroen Cant en est pourtant convaincu : la pauvreté et le vieillissement de la population vont multiplier les déserts alimentaires, prédit-il après avoir ...

Dans une société d'abondance comme la nôtre, pareille formulation peut sembler bizarre. Doctorant à l'Université d'Anvers, Jeroen Cant en est pourtant convaincu : la pauvreté et le vieillissement de la population vont multiplier les déserts alimentaires, prédit-il après avoir comparé deux batteries de données : l'évolution des supermarchés et autres points de vente de denrées alimentaires dans les centres urbains d'une part, le statut socio-économique des habitants de ces mêmes centres d'autre part. Il a pu, de la sorte, identifier des " déserts alimentaires ", c'est-à-dire des zones densément peuplées pauvres, voire dépourvues en supermarchés ou magasins de proximité. Tel le quartier du Luchtbal à Anvers, un ensemble d'immeubles et de tours coincés entre le ring et le port qui ne compte plus qu'un seul supermarché. " Faute de moyens, les habitants ne peuvent aller se ravitailler dans des points de ventes plus grands et moins chers, et doivent dès lors se contenter de ce qu'ils trouvent ", indique le doctorant. L'autre facteur à prendre en considération est le vieillissement qui limite progressivement la mobilité et sera, selon Cant, " davantage source de problèmes que la pauvreté ". Mais comment les résoudre ? Retourner vers un habitat dans lequel coexistent logements, commerces et autres facilités urbaines peut constituer une solution mais réclamera du temps.