Et de deux. Axel Miller est le deuxième CEO du groupe D'Ieteren, l'importateur de VW et d'Audi, à démissionner de manière impromptue. Ce fut déjà le cas de son prédécesseur, Jean-Pierre Bizet, qui avait quitté anticipativement son poste en 2013 pour laisser la place à Axel Miller. La nouvelle a étonné les observateurs, en particulier les analystes financiers, car D'Ieteren avait annoncé de " splendides résultats " (dixit KBC Securities) pour 2018. " C'est une nouvelle surprenante de notre point de vue ", écrit David Vagman, chez ING. En effet, D'Ieteren n'est pas un groupe en difficulté ou en déclin. Ce départ est le reflet d'une divergence stratégique entre le CEO sortant et son conseil d'administration. " Leurs visions sur les développements futurs du groupe et sur le style de leadership ont cessé de coïncider ", précise le communiqué annonçant la nouvelle. " Nous suspectons que Monsieur Miller a souhaité une stratégie d'investissement plus dynamique, et devait s'accorder avec une nouvelle génération de la famille D'Ieteren depuis 2017 ", estime de son côté David Vagman.

Axel Miller était en train de reconvertir D'Ieteren, centré sur l'automobile, en holding visant une diversification hors de son secteur historique. Il a étoffé le staff du groupe avec des cadres venant d'ING ou de McKinsey. La première pierre de cette diversification a été l'acquisition, en 2016, de Moleskine, un fabricant italien de carnets de luxe. Il a aussi dégagé des moyens en revendant près de la moitié des parts de Belron (Carglass). Une nouvelle acquisition était attendue. Petit couac, le cours de l'action ne reflétait pas ce dynamisme nouveau. Cela a peut-être tendu les relations entre Axel Miller et les administrateurs. Et, derrière eux, les actionnaires.

Coté en Bourse, D'Ieteren reste une entreprise familiale à plus de 60%. La famille D'Ieteren, représentée au conseil par Nicolas D'Ieteren (président) et Olivier Périer, pèse très lourd.

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Axel Miller est le deuxième CEO du groupe D'Ieteren à démissionner de manière impromptue.