Cette fois, il n'y a pas eu de miracle. Supérieure dans tous les secteurs du match, l'équipe américaine a survolé la 43e édition de la Ryder Cup qui s'est disputée sur le parcours de Whistling Straits, dans le Wisconsin. Touchée dans son orgueil lors des dernières éditions (quatre défaites en cinq rencontres), elle a sorti le grand jeu pour s'offrir une victoire sans appel: 19-9. Une véritable raclée. Décryptage d'un sacre attendu.
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Cette fois, il n'y a pas eu de miracle. Supérieure dans tous les secteurs du match, l'équipe américaine a survolé la 43e édition de la Ryder Cup qui s'est disputée sur le parcours de Whistling Straits, dans le Wisconsin. Touchée dans son orgueil lors des dernières éditions (quatre défaites en cinq rencontres), elle a sorti le grand jeu pour s'offrir une victoire sans appel: 19-9. Une véritable raclée. Décryptage d'un sacre attendu. Hiérarchie respectée. Une fois n'est pas coutume, cette Ryder Cup a confirmé tous les pronostics rationnels. Avec huit joueurs dans le top 10 mondial, les Américains partaient clairement favoris. Et cette supériorité s'est confirmée sur le parcours. Très solides dans tous les secteurs du jeu, Dustin Johnson et ses camarades ont dominé les duels dès les premiers doubles du vendredi. Une démonstration de force. Les bons choix stratégiques. Le capitaine américain Steve Stricker avait misé sur une formation jeune (29 ans de moyenne d'âge) et inédite (avec six rookies). Mission accomplie. Mettant entre parenthèses leur ego et leurs rivalités intestines, les joueurs US ont fonctionné en équipe. Unis et solidaires. Même Bryson DeChambeau et Brooks Koepka, que l'on disait en froid, ont enterré la hache de guerre le temps de soulever le trophée. Génération vieillissante. Au contraire de Steve Stricker, Padraig Harrington avait, lui, plutôt opté pour une tactique conservatrice et une formation classique et expérimentée. Mais cette fois, la mécanique était enrayée, à l'image du swing de Rory McIlroy. Méconnaissable, le Nord- Irlandais a loupé tous ses matches doubles. Et même le "guerrier" anglais Ian Poulter, moteur des plus improbables remontadas (rappelez-vous Medinah 2012), n'a rien pu faire pour inverser la tendance. Une équipe sans mordant. Bizarrement, les Européens n'ont jamais donné l'impression d'y croire vraiment, comme s'ils étaient résignés dès le départ. Là où d'autres capitaines - comme Jose- Maria Olazabal ou Thomas Bjorn - avaient créé un winning spirit, Padraig Harrington n'a pas réussi à doper le moral de ses troupes et à générer un véritable sentiment de révolte. Dustin Johnson impressionne. La Ryder Cup se joue en équipe mais il est néanmoins intéressant de jeter un oeil sur les statistiques individuelles. Chez les Américains, Dustin Johnson a fait le plein de victoires (cinq) et c'est Collin Morikawa (trois victoires, un nul) qui a apporté le demi-point du sacre. Côté européen, les Espagnols Jon Rahm et Sergio Garcia ont été les plus prolifiques en doubles mais, usés, ils se sont ensuite inclinés en simples. Les Anglais Paul Casey et Matthew Fitzpatrick et l'Autrichien Bernd Wiesberger ont perdu tous leurs matches. Rendez-vous à Rome. La prochaine édition de la Ryder Cup est programmée, en 2023, sur le parcours Marco Simone de la capitale italienne. L'Europe a deux ans pour se reconstruire, sans doute en intégrant quelques nouveaux visages. Un changement générationnel semble plus que jamais indispensable. On pense, par exemple, à Thomas Detry qui n'a pas réussi à se qualifier cette année mais qui devrait poursuivre sa montée en puissance dans les prochains mois et devenir le troisième joueur belge à participer à l'événement après Nicolas Colsaerts en 2012 et Thomas Pieters en 2016.