L'élection présidentielle américaine aura en principe lieu le 3 novembre prochain. C'est donc demain ou presque. A vrai dire, c'est la seule élection étrangère que chacun regarde avec attention car même si ce sont uniquement les Américains qui votent, leur décision a, qu'on le veuille ou non, un impact sur notre vie d'Européen.
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L'élection présidentielle américaine aura en principe lieu le 3 novembre prochain. C'est donc demain ou presque. A vrai dire, c'est la seule élection étrangère que chacun regarde avec attention car même si ce sont uniquement les Américains qui votent, leur décision a, qu'on le veuille ou non, un impact sur notre vie d'Européen. Je ne pense pas prendre un grand risque en affirmant que si un sondage devait être organisé, la majorité des Européens voteraient en faveur du candidat démocrate plutôt que pour son rival Donald Trump. Et si nous avions tort ? Et si l'intérêt de l'Europe était de voir l'actuel président américain rempiler pour un second mandat ? Rien que de poser la question, je suis sûr que certains lecteurs se cabrent et se demandent déjà quelle mouche m'a piqué. Réaction normale : pour la majorité des Européens, Donald Trump est un menteur, un habitué des fake news, un macho qui fréquente des stars du porno, un conservateur climatosceptique qui a retiré son pays de l'accord de Paris sur le climat. Mais c'est aussi un président qui a snobé l'avis de ses conseillers scientifiques et nié la dangerosité du Covid-19 avec les résultats que nous connaissons tous en termes de mortalité. Et puis, c'est quelqu'un qui a une vue étroite des enjeux internationaux et qui s'assied avec joie sur tous les accords multilatéraux. Je pourrais, ad nauseam, poursuivre la liste des reproches qu'on peut formuler à l'encontre de cet homme pour arriver à la conclusion que même si ce n'est pas un perdreau de l'année, mieux vaut avoir un Joe Biden qu'un Donald Trump en face de nous. Mais je le répète encore une fois : et si nous avions tort ? Avec une belle dose de cynisme, mes confrères du quotidien Les Echos, en France, se posent en effet la question de savoir si notre intérêt en tant qu'Européens n'est pas de garder le président sortant à la Maison-Blanche ? D'abord, parce que son attitude anti-européenne a soudé les Européens. Même les Allemands qui ne veulent jamais se fâcher avec les Américains ont compris qu'il fallait faire bloc. Mieux encore, même le gouvernement polonais, éternel " valet de chambre " des Américains, l'a compris. En d'autres mots, Donald Trump est un allié objectif d'une Europe enfin soudée. Ensuite, n'oublions pas que l'Europe est en train de devenir une colonie numérique des Gafa, les fameux Google, Apple, Facebook et autres Amazon. Or, justement, les dirigeants de ces Gafa ne s'entendent pas avec Trump qui leur met d'ailleurs des bâtons dans les roues. Quid, demain, si le démocrate Joe Biden est élu ? Il est à craindre que ces mêmes Gafa seront à nouveau chouchoutés, malgré leurs excès. Et ne nous leurrons pas, ils sont et seront encore plus le cheval de Troie du soft power américain. Bref, l'élection de Biden serait synonyme d'accélération du colonialisme numérique yankee. Et puis, il faut oser le dire, Donald Trump fait le " sale boulot " que les Européens n'osent pas assurer face aux Chinois en freinant leur expansionnisme sous des tas de prétextes plus ou moins fallacieux. Car le président sortant a compris que la Chine n'est plus synonyme de low cost mais est devenue une superpuissance technologique et numérique. Donc oui, je repose la question cyniquement : nous autres Européens, avons-nous vraiment intérêt à avoir un démocrate à la Maison-Blanche ? Votre avis m'intéresse.