"Moi, je n'ai aucune honte à dire que j'aimerais que Celyad soit le prochain Amgen ou Celgene. Les Belges sont en général d'un tempérament plutôt humble et manquent parfois d'ambition. Si vous vous dites que votre marché, c'est la Wallonie, une chose est sûre : vous n'irez jamais au-delà. Il faut voir grand. " Christian Homsy, CEO de Celyad, sait de quoi il parle. Son entreprise est cotée sur le Nasdaq, a racheté u...

"Moi, je n'ai aucune honte à dire que j'aimerais que Celyad soit le prochain Amgen ou Celgene. Les Belges sont en général d'un tempérament plutôt humble et manquent parfois d'ambition. Si vous vous dites que votre marché, c'est la Wallonie, une chose est sûre : vous n'irez jamais au-delà. Il faut voir grand. " Christian Homsy, CEO de Celyad, sait de quoi il parle. Son entreprise est cotée sur le Nasdaq, a racheté une société américaine pour s'ouvrir à l'oncologie et noué un partenariat avec Ono Pharmaceutical pour se développer au Japon. " Nous sommes sur des marchés mondiaux, rien ne nous empêche en tant que Belges d'aller aux Etats-Unis, poursuit-il. Mais il ne faut pas y aller trop tôt non plus. Il faut atteindre une certaine maturité pour convaincre les investisseurs. Quand vous avez cette maturité, l'international devient indispensable. " Le manque de support capitalistique de grande taille est, selon lui, l'une des lacunes de la Belgique. L'autre demeure " la barrière de l'esprit " entre l'université et l'entreprise. " Elle est moins nette qu'avant mais cela reste frappant par rapport aux Etats-Unis, assure Christian Homsy. Le passage du projet académique au statut d'entreprise demeure encore délicat. " La plupart des biotechs prometteuses (Bone Therapeutics, Novadip, Trasis, KitoZyme, etc.) sont des spin-off universitaires. Celyad a adopté un mode de vie particulier. Bien que lui-même médecin, Christian Homsy n'a pas bâti sa société sur ses propres recherches mais sur l'achat et le développement de recherches des autres, en l'occurrence de deux projets américains. " Moins de 1 % des projets de recherche fondamentale aboutissent à la mise sur le marché d'un produit, explique-t-il. Les universités sont mieux équipées que nous pour cela. En revanche, nous avons des compétences de développement. " Membre du CA du pôle de compétitivité Biowin, il n'exclut pas d'un jour mettre ses compétences au service d'une recherche menée en Wallonie. " Les travaux y sont d'excellente qualité, nous n'avons vraiment à rougir de personne ", conclut Christian Homsy. C.D.C.