On se souvient qu'au début de mois de septembre, le Financial Times avait jeté un sérieux pavé dans la cuve à bière: AB InBev cherchait activement un successeur à Carlos Brito, son CEO depuis 15 ans. La quête de la perle rare est désormais terminée. Le Brésilien cédera son poste le 1er juillet prochain à un autre Brésilien, en l'occ...

On se souvient qu'au début de mois de septembre, le Financial Times avait jeté un sérieux pavé dans la cuve à bière: AB InBev cherchait activement un successeur à Carlos Brito, son CEO depuis 15 ans. La quête de la perle rare est désormais terminée. Le Brésilien cédera son poste le 1er juillet prochain à un autre Brésilien, en l'occurrence Michel Doukeris, jusqu'ici président de la zone Amérique du Nord. Soit le même poste occupé par Brito avant son ascension comme CEO. Une nomination qui intervient alors que le groupe vient d'annoncer d'excellents résultats trimestriels. Les volumes totaux ont gonflé de 13,3%, le chiffre d'affaires a augmenté de 17,2% à 12,29 milliards de dollars et l'Ebitda a grimpé de 14,2% à 4,267 milliards de dollars. AB InBev a même retrouvé des niveaux supérieurs à ceux d'avant-pandémie puisque le CA est en progression de 2,8% par rapport au 1er trimestre de 2019. Arrivé aux commandes en décembre 2005, Brito, grand coupeur de coûts, restera l'homme qui a fait du groupe le leader mondial incontesté du secteur. A coups de rachats audacieux: Anheuser-Busch (2008 - 56 milliards de dollars), Modelo (2012 - 20,1), Oriental Brewery (2014 - 5,8) et SAB Miller (2015 - 106). Désormais, AB InBev détient un portefeuille de plus de 500 marques de bière mais est aussi lourdement endetté. Un endettement qui explique son cours de Bourse très décevant. Sans nul doute, cela a dû peser sur le choix des actionnaires de désigner un CEO plus à même de gagner des parts de marché, de conquérir de nouveaux publics et d'accélérer la premiumisation des marques. Ce qu'est Doukeris, porteur d'un double diplôme de marketeer et d'ingénieur chimiste.