Ouvert juste avant les fêtes, en lieu et place du Scheltema, à deux pas de la très touristique rue des Bouchers, Bouillon Bruxelles surfe sur le succès de Bouillon Pigalle et Bouillon République, qui ont relancé à Paris la tradition des bouillons, ces restaurants populaires apparus autour des Halles au milieu du 19e siècle (avec des établissements aussi mythiques que le Bouillon Chartier), où l'on servait notamment le pot-au-feu qui leur a donné leur nom.
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Ouvert juste avant les fêtes, en lieu et place du Scheltema, à deux pas de la très touristique rue des Bouchers, Bouillon Bruxelles surfe sur le succès de Bouillon Pigalle et Bouillon République, qui ont relancé à Paris la tradition des bouillons, ces restaurants populaires apparus autour des Halles au milieu du 19e siècle (avec des établissements aussi mythiques que le Bouillon Chartier), où l'on servait notamment le pot-au-feu qui leur a donné leur nom. Pas de pot-au-feu au menu ici, mais une soupe aux perles de tapioca à partager. Et si l'endroit reprend l'idée d'une cuisine simple et abordable, elle l'adapte à la culture gastronomique locale. On se sent plus ici dans une brasserie bruxelloise - le cadre historique du Scheltema n'a quasiment pas bougé - que dans un bouillon parisien. Et c'est très bien ainsi. Confiée à Alexandre Masson (ancien propriétaire du restaurant de l'Atomium), la carte se la joue d'ailleurs résolument noir-jaune-rouge, avec une "cuisine populaire au goût des Belges". Même si l'on y trouve des classiques parisiens, comme les oeufs mayonnaise (4,20 euros). On aime le côté brut des lieux: nappes en papier, serviettes de coton et petites assiettes blanches siglées Bouillon Bruxelles, vaisselle basique. Sans parler de l'atmosphère bruyante où l'on croise autant de Bruxellois que de touristes de passage... Et quelle joie de retrouver à la carte des moules parquées (6,50 euros), classique bruxellois oublié. En plus, elles sont bonnes, servies crues avec une petite sauce moutardée bien relevée. La croquette de pied de porc (4,90 euros) est, elle aussi, gourmande, même si le piccalilli est moyen. Voilà qui ouvre l'appétit et donne sacrément envie de goûter les plats. Si l'on est déçu par le steak au poivre vert (14,50 euros), tant par la qualité de la viande que par la cuisson, les frites sont bonnes. On lui préfère le potjevlees aux quatre viandes (11,50 euros) ou la classique tête de veau en tortue (13,90 euros). Les desserts - profiterole (6,20 euros) ou mousse au chocolat (5,30 euros) - sont au diapason d'une cuisine basique, qui ne fera pas se pâmer les gourmets les plus exigeants mais au rapport qualité-prix imbattable. A peine ouvert, le Bouillon Bruxelles est déjà deux coudées au-dessus de la plupart des brasseries bruxelloises souvent hors de prix...