L'image est saisissante. A plus de 80 kilomètres de la surface terrestre, Richard Branson détache sa ceinture de sécurité pour flotter quelques instants en apesanteur. Le patron de Virgin Galactic affiche un grand sourire: "A la prochaine génération de rêveurs: si nous pouvons faire ceci, imaginez ce que vous pouvez réaliser", scande le businessman de 70 ans. Richard Branson a réussi son pari: il a bouclé un vol habité avec son vaisseau ailé Unity.
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L'image est saisissante. A plus de 80 kilomètres de la surface terrestre, Richard Branson détache sa ceinture de sécurité pour flotter quelques instants en apesanteur. Le patron de Virgin Galactic affiche un grand sourire: "A la prochaine génération de rêveurs: si nous pouvons faire ceci, imaginez ce que vous pouvez réaliser", scande le businessman de 70 ans. Richard Branson a réussi son pari: il a bouclé un vol habité avec son vaisseau ailé Unity. Cette démonstration de force marque officiellement les débuts de la conquête d'un nouveau marché, celui du tourisme spatial. Depuis 2001, année au cours de laquelle l'homme d'affaires américain Dennis Tito a séjourné sept jours dans l'espace, beaucoup de choses ont changé. Le premier touriste spatial avait alors déboursé 20 millions de dollars auprès de l'agence spatiale russe pour embarquer dans le vaisseau Soyouz. Vingt ans plus tard, les Etats sont hors course. Ils se sont fait doubler par des milliardaires qui ont la tête dans les étoiles. Avec son entreprise Virgin Galactic, Richard Branson semble avoir pris une longueur d'avance. Avant même ce vol inaugural, plus de 600 amateurs de sensations fortes avaient déjà réservé leur billet, comme le chanteur Justin Bieber ou l'acteur Leonardo Di Caprio. Ils ont déboursé jusqu'à 250.000 dollars pour faire partie des premiers privilégiés à s'envoler pour une heure de voyage stratosphérique. De son côté, Jeff Bezos ronge son frein. Le patron d'Amazon s'installera la semaine prochaine dans le New Shepard, la fusée créée par son entreprise spatiale Blue Origin, pour un vol d'une douzaine de minutes qui doit le conduire au-delà des 100 kilomètres de la Terre. Mauvais perdant, il estime que Richard Branson, qui a plafonné 20 longueurs plus bas, n'est pas réellement allé dans l'espace. Le duel ne se joue pas que dans les airs, il se joue aussi dans la communication... Pour son vol inaugural, Jeff Bezos embarquera avec son frère, une astronaute octogénaire qui a suivi les programmes de la Nasa, et un touriste spatial encore inconnu qui a remporté sa place aux enchères pour la modique somme de 28 millions de dollars. Après ces lancements spectaculaires, les vols commerciaux de Blue Origin et Virgin Galactic devraient s'enchaîner à partir de 2022. A terme, Richard Branson compte construire plusieurs dizaines d'appareils et organiser jusqu'à 400 vols par an. Le potentiel de cette activité de divertissement est réel. D'après une étude de la banque UBS, le business du tourisme spatial pèsera 3 milliards de dollars en 2030. Un troisième larron va d'ailleurs s'inviter à la fête. Et de quelle manière! Elon Musk, le patron de SpaceX, prévoit d'envoyer d'ici la fin de l'année quatre touristes de l'espace en orbite pendant... trois jours. Il ne devrait pas participer à l'expédition. Par contre, l'entrepreneur fait partie des 600 aventuriers qui ont réservé leur place dans l'avion-fusée de son concurrent Richard Branson.