C'est peut-être l'équivalent de Let It Be, de Ne me quitte pas ou de Thriller: quelque chose qui définit d'emblée la seconde moitié du 20e siècle culturel. Une borne immanquable, un succès international ou encore l'une de ces fameuses scies: cette chose qu'il e...

C'est peut-être l'équivalent de Let It Be, de Ne me quitte pas ou de Thriller: quelque chose qui définit d'emblée la seconde moitié du 20e siècle culturel. Une borne immanquable, un succès international ou encore l'une de ces fameuses scies: cette chose qu'il est difficile d'enlever de la tête pour deux voire trois générations, pour le meilleur et pour le reste. Lorsqu'il crée le Boléro inspiré de Ravel tout début 1961 à La Monnaie, le danseur-chorégraphe Maurice Béjart (1927-2007) est déjà une célébrité. Mais en déclinant à de multiples reprises un spectacle sur le standard ravellien et sa remarquable progression d'accords mélos, le Marseillais de Bruxelles élargit spectaculairement les perspectives de la danse vers le grand public. Désormais, pour Béjart, les représentations passent des opéras aux grandes salles façon Forest National, via le Boléro. Rien de moins. Une fois parti de Bruxelles - fâché avec Gerard Mortier alors boss de La Monnaie -, Béjart va perpétuer son héritage naturel avec le Ballet de Lausanne, supporté dès 1987 par la Fondation Philip Morris. Depuis lors, en dépit de glorieux interprètes disparus entretemps - comme Jorge Donn - le Boléro continue de voyager. Et sera au Cirque Royal. Dans l'esprit de Maurice.