Tous mes clignotants sont au rouge. J'ai beau tourner et retourner mon portefeuille virtuel dans tous les sens, je ne parviens pas à trouver le moindre signe encourageant. Toutes les monnaies virtuelles que je possède, du bitcoin au stellar en passant par l'ether, affichent des rendements négatifs.
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Tous mes clignotants sont au rouge. J'ai beau tourner et retourner mon portefeuille virtuel dans tous les sens, je ne parviens pas à trouver le moindre signe encourageant. Toutes les monnaies virtuelles que je possède, du bitcoin au stellar en passant par l'ether, affichent des rendements négatifs. Que s'est-il passé ? Le bitcoin, la star des cryptomonnaies, vient de subir une grosse correction. La semaine dernière, son cours a dégringolé de 9.500 euros à 7.000 euros environ. La chute la plus brutale s'est produite le 7 mars dans la soirée. En l'espace de quelques heures, le cours de la cryptodevise s'est tassé de près de 10 %. Un (mini ?) krach. Cet épisode plombe un peu plus mon portefeuille de placements en monnaies virtuelles, qui n'était déjà pas flamboyant. Pourquoi cette décote brutale ? Cette fois, j'exige des explications. Mes différents contacts dans la communauté crypto me font remonter trois pistes principales : Le 7 mars, le gendarme financier américain a émis de nouvelles recommandations concernant le marché des cryptomonnaies. La SEC a rappelé aux plateformes d'échange qu'elles doivent s'enregistrer auprès de ses services. Beaucoup de plateformes ne se sont pas encore conformées à cette injonction, ce qui laisse entrevoir un nouveau tour de vis réglementaire de la part de l'autorité financière américaine. Le marché dérégulé des cryptomonnaies est peu friand de ce genre de menace. Ce type d'annonce propage souvent sur le marché un accès de panique appelé le FUD, acronyme de Fear, Uncertainty & Doubt (peur, incertitude et doute). Le 7 mars, la plateforme chinoise Binance, l'une des plus grandes bourses d'échange de cryptomonnaies au niveau mondial, a essuyé une tentative de hacking. Les pirates ont réussi à prendre possession d'un robot-trader qui émet des ordres d'achat et de vente automatiques pour le compte de certains clients. Ce robot est similaire à celui que j'utilise depuis peu via une autre plateforme (Kraken). Si ses performances laissent toujours à désirer (les placements que je lui ai confiés affichent le piètre résultat de - 3,96 %), il n'est heureusement pas concerné par la tentative de hacking. Par contre, sur Binance, certaines victimes ont vu leur robot agir bizarrement : ce dernier a commencé à échanger massivement leurs placements contre du ViaCoin (VIA), ce qui a eu pour effet de gonfler artificiellement la valeur de cette monnaie alternative peu connue. Les dirigeants de Binance ont bloqué immédiatement les retraits sur la plateforme. Ils assurent que la tentative de hacking a échoué et qu'aucun fonds n'a été dérobé. Possédant moi-même plusieurs monnaies alternatives sur Binance, j'ai voulu vérifier qu'elles étaient encore là. Après plusieurs tentatives infructueuses de connexion, j'ai enfin pu accéder à mon compte. Tout y est. Ouf ! Certains investisseurs en bitcoin possèdent des quantités énormes de cryptomonnaie. En langage crypto, on les appelle les baleines. Le 7 mars, à Tokyo, un certain Nobuaki Kobayashi a annoncé qu'il avait vendu l'équivalent de 400 millions de dollars en bitcoins et en bitcoins cash (une variante concurrente du bitcoin) depuis septembre. Cette " baleine " japonaise s'occupe de la procédure de recouvrement liée à la faillite retentissante de la plateforme MtGox en 2014, précipitée par la disparition mystérieuse de 650.000 bitcoins. Nobuaki Kobayashi disposerait encore de positions importantes en bitcoins et bitcoins cash. Chaque opération de vente réalisée par la " baleine " est susceptible de déstabiliser le marché. C'est peut-être ce qui est arrivé le 7 mars dernier. Quelles que soient les raisons de ce krach - qui ne me semble pas si mini que ça -, je suis clairement perdant... comme la plupart des investisseurs en cryptomonnaies avec lesquels je communique quotidiennement. Sur mes groupes WhatsApp, c'est la soupe à la grimace. Je suis bombardé d'emojis " tête qui pleure " et de gifs désespérés. J'ose à peine regarder l'état de mon portefeuille d'investissements. Aux dernières nouvelles, j'ai virtuellement perdu environ 1.000 euros sur 4.000 euros investis. Ça pique. D'un autre côté, après une telle baisse, quelques opportunités pourraient me sourire. Je décide de ne pas toucher tout de suite aux 1.000 euros qu'il me reste sur mon compte en banque. Je préfère attendre une ultime phase baissière pour faire un dernier achat de bitcoins avant la fin de mon challenge, prévue pour la mi-avril. Si le bitcoin heurte à nouveau la barre des 5.000 euros, comme ça a été le cas début février, je fais 'all-in' sur le bitcoin... et je croise les doigts pour que le cours de la monnaie virtuelle flambe à nouveau. En attendant, comme le font remarquer plusieurs investisseurs, c'est la période des soldes sur les marchés des " altcoins ", ces devises alternatives que l'on peut acquérir avec des monnaies bien établies comme le bitcoin ou l'ethereum. Mon choix se porte tout d'abord sur le ripple (XRP), une devise liée à une technologie de paiement prometteuse actuellement testée par de grandes banques comme UBS, HSBC ou Crédit Agricole, mais aussi par Western Union. Début mars, le ripple, troisième capitalisation derrière le bitcoin et l'ether, a bondi de 17 % sur fonds de rumeurs (démenties depuis) concernant sa prochaine adoption sur la plateforme très populaire Coinbase. Frustré de ne pas avoir pu profiter de ce rebond, et en espérant que ce ne soit pas un feu de paille, je me procure environ 150 euros de ripple en revendant un peu de bitcoin. Sur WhatsApp, un investisseur passionné me suggère également d'acquérir de l'icon (ICX), une monnaie qui servirait à connecter plusieurs blockchains entre elles. Je ne comprends pas grand-chose au projet, mais l'icon a l'avantage d'être bon marché. " C'est le bon plan du jour ", me glisse-t-on. J'achète.