Opter pour le marché locatif est rarement un choix de vie. Il s'agit le plus souvent d'une conséquence de l'inaccessibilité croissante à la propriété. Les prix de l'immobilier n'ont cessé d'augmenter ces dernières années, rendant le doux rêve de devenir propriétaire de plus en plus illusoire pour de nombreux ménages belges.
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Opter pour le marché locatif est rarement un choix de vie. Il s'agit le plus souvent d'une conséquence de l'inaccessibilité croissante à la propriété. Les prix de l'immobilier n'ont cessé d'augmenter ces dernières années, rendant le doux rêve de devenir propriétaire de plus en plus illusoire pour de nombreux ménages belges. Il existe bien évidemment des exceptions. Le discours ambiant dans le monde immobilier révèle que les jeunes sont de moins en moins attachés à la propriété et qu'ils ne souhaitent pas voir leur liberté s'effriter en se mettant un prêt hypothécaire de 15 ou 20 ans sur le dos. Certains économistes, comme Roland Gillet, défendent également l'intérêt de rester locataire pour s'éviter les multiples charges qu'entraîne la propriété. Alors que d'autres choisissent délibérément la voie locative. Reste que la Belgique s'est historiquement définie comme une terre de propriétaires (71%). Les politiques fiscales mises en place ces dernières décennies n'ont fait que favoriser l'accès à la propriété. L'imaginaire collectif s'est occupé du reste, poussant l'essentiel de la population à acheter une maison ou un appartement. Le balancier vacille toutefois quelque peu aujourd'hui sous le coup de la fracture sociale. La multiplication des ménages monoparentaux et isolés (soit 2,2 millions de ménages en 2019) dans un contexte immobilier haussier ne fait que renforcer le nombre de locataires, une proportion qui sera de plus en plus importante à l'avenir. Nous l'avons d'ailleurs constaté dans les différents reportages que nous vous proposons dans ce Guide immobilier. Faut-il s'en inquiéter? La hausse actuelle des prix est principalement liée à la rareté du foncier et à un déficit d'équilibre entre offre et demande. Un constat qui rejaillit également sur le marché locatif et qui touche en premier lieu les petits appartements, ceux plébiscités par les investisseurs et occupés essentiellement par des publics moins nantis. Comment sortir par le haut de cette situation? Les particuliers qui mettent leur logement en vente ne pourront à eux seuls alimenter la pompe à logements et rééquilibrer le marché. Créer de nouveaux logements semble être la seule voie pour faire redescendre la pression, tant pour le marché neuf que pour l'ancien. Une situation qui ne sera toutefois pas aisée à mettre en place. La délivrance des permis d'urbanisme accuse un retard considérable depuis de trop longues années. Sans oublier que les règlements en vigueur, surtout à Bruxelles, tendent à favoriser des logements spacieux qui semblent inadaptés à la demande du marché. Le gouvernement doit donc clairement se demander si les normes de qualité et les exigences de surfaces minimales qu'il promeut, dans un esprit d'amélioration de la qualité de vie, ne créent pas actuellement un effet de pauvreté contre-productif. Car l'écart entre le discours des politiques et celui des acteurs de l'immobilier est aujourd'hui bien trop important pour rester les bras croisés. Il est donc plus que temps de définir une stratégie claire qui permettra au plus grand nombre de posséder un logement décent, de qualité et accessible financièrement.