C'est un véritable paradoxe. L'A380, le plus grand avion commercial du monde, est un des chouchous des passagers. Le gros porteur arrive régulièrement en tête des classements en termes de confort ou de silence dans la cabine. Mieux même, il est l'avion que tous souhaitent emprunter au moins une fois dans leur vie. Las ! malgré cet amour public, l'A380 demeure un terrible échec com...

C'est un véritable paradoxe. L'A380, le plus grand avion commercial du monde, est un des chouchous des passagers. Le gros porteur arrive régulièrement en tête des classements en termes de confort ou de silence dans la cabine. Mieux même, il est l'avion que tous souhaitent emprunter au moins une fois dans leur vie. Las ! malgré cet amour public, l'A380 demeure un terrible échec commercial. Jeudi dernier, Thomas Enders, le CEO sur le départ du consortium européen, a annoncé la fin définitive de sa fabrication. Cette décision fait suite à l'annulation par Emirates de 39 des 53 A380 qu'elle avait encore en commande et de la non-concrétisation d'une grosse commande groupée chinoise. Le programme A380 s'arrêtera donc en 2021 après la livraison des 17 derniers exemplaires : 14 pour la compagnie arabe et trois pour All Nippon. Consolation pour Airbus : à la place des A380, Emirates achètera 40 A330-900 et 30 A350-900. L'A380 rejoint donc le Concorde au rang des plus grands échecs commerciaux de tous les temps. Au total, le gros porteur aura coûté plus de 20 milliards d'euros depuis son lancement en 2000. Un bel avion qui n'aura jamais vraiment convaincu les compagnies : il est cher à l'achat mais aussi à l'utilisation, peu de lignes permettent de le remplir à un niveau rentable, les aéroports sont moins saturés, etc. L'échec de l'A380 signe aussi la fin des quadriréacteurs (comme le 747 de Boeing) au profit des biréacteurs monocouloirs capables de longue distance à bien moindre coût (type 737 max et A321 LR) ou long-courrier comme le 777X et l'A350. Même douloureuse, cette décision n'est pas forcément une mauvaise chose pour Airbus. Sa rentabilité, inférieure à celle de Boeing, va augmenter. Emirates lui reste fidèle. Et les forces vives concernées par l'arrêt de l'A380 vont pouvoir être redéployées en interne vers des programmes en hausse de production comme ceux de l'A320neo et de l'A350.