Faut-il s'intéresser aux bagnoles de course pour regarder Le Mans 66, sorti à l'automne dernier ? Non, ce raisonnable carton commercial - 225 millions de recettes pour 96 d'investissement - est un film typiquement ricain de bonne catégorie, celle où le sujet est transcendé par la ...

Faut-il s'intéresser aux bagnoles de course pour regarder Le Mans 66, sorti à l'automne dernier ? Non, ce raisonnable carton commercial - 225 millions de recettes pour 96 d'investissement - est un film typiquement ricain de bonne catégorie, celle où le sujet est transcendé par la construction et le suspense de sa narration. L'histoire est tirée du réel : la tête brûlée Ken Miles, pilote de course, accepte finalement de participer aux 24 Heures du Mans sur une nouvelle Ford, notamment en compétition avec les prototypes italiens de Ferrari. Le film fonctionne par le duo électrique installé entre Christian Bale, génial conducteur indiscipliné, et Matt Damon, qui joue le rôle d'intermédiaire avec la compagnie Ford. Alors oui, les courses poursuites sur circuit et en dehors sont capturées avec toute l'adrénaline nécessaire par le réalisateur James Mangold, mais c'est surtout le personnage de pilote sans peur incarné par Bale qui porte la narration à ébullition. Maigre, hypertendu et quasi illuminé par la quête de la vitesse maximale, Bale/Miles impressionne, à la fois transcendant et absolue tête de mule. Dans un contexte de compétition automobile où tout n'est pas encore sanctionné par l'argent suprême mais dépend aussi de dingues de la route comme le personnage principal qui fait fondre le caoutchouc des pneus. Comme si sa vie en dépendait vraiment.