Le jury ne s'était pas donné le mot mais le palmarès est éloquent: les femmes trustent les podiums des Lobby Awards 2020 qui récompensent les leaders d'opinion, les hommes et les femmes dont les prises de position ont significativement marqué la société belge. "Pour la première fois, le titre de leader de l'année revient à une femme, se réjouit Paul Grosjean, rédacteur en chef de la revue Lobby et président du jury. Les femmes sont chaque année plus nombreuses dans les différentes catégories de notre palmarès et, à titre personnel, je m'en réjouis."
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Le jury ne s'était pas donné le mot mais le palmarès est éloquent: les femmes trustent les podiums des Lobby Awards 2020 qui récompensent les leaders d'opinion, les hommes et les femmes dont les prises de position ont significativement marqué la société belge. "Pour la première fois, le titre de leader de l'année revient à une femme, se réjouit Paul Grosjean, rédacteur en chef de la revue Lobby et président du jury. Les femmes sont chaque année plus nombreuses dans les différentes catégories de notre palmarès et, à titre personnel, je m'en réjouis." Delphine Boël, désormais Delphine de Saxe-Cobourg et princesse de Belgique, a été désignée "leader de l'année". Ce choix peut sembler à première vue étonnant, voire futile, mais, insiste Paul Grosjean, le jury n'a pas récompensé ici un titre mais bien "un combat sociétal". En l'occurrence celui entamé par Delphine Boël en 2013 pour obtenir la reconnaissance officielle de sa filiation. "Elle a réussi à faire bouger les lignes de la société belge pour tous les enfants naturels en recherche d'identité, explique le rédacteur en chef de Lobby. Son combat et la médiatisation de celui-ci ont donné du courage à plein de gens. Le nombre d'actions en justice pour des reconnaissances de paternité a explosé ces derniers mois. Delphine est devenue une sorte de porte-drapeau pour toutes ces personnes et elle assume complètement ce rôle. C'est en sens qu'elle méritait, selon notre jury, le titre de leader de l'année." Paul Grosjean ajoute que pour réussir ce combat, qui était loin d'être gagné d'avance, elle a fait preuve à la fois d'une "ténacité remarquable" et d'une capacité à bien s'entourer, deux caractéristiques indispensables d'un bon leader. Dans ces Lobby Awards, Delphine Boël devance de peu Sophie Wilmès. La manière dont elle a réussi à incarner la lutte de la société belge contre le Covid-19 a marqué les citoyens (depuis un an, elle trône en tête des sondages de popularité en Belgique francophone) à défaut, il est vrai, d'avoir permis d'éviter une deuxième vague de l'épidémie. "En outre, en utilisant l'humour, elle est parvenue à retourner à son avantage de petites fautes de communication, comme cette allusion à la pratique du kayak pendant le confinement", sourit Paul Grosjean. Sophie Wilmès décroche d'ailleurs le prix du "buzz de l'année" pour avoir posté sur Twitter une photo d'elle pratiquant le kayak. Le troisième lauréat du "leader de l'année" est le gouverneur de la Banque nationale Pierre Wunsch. Le jury a apprécié sa capacité à expliquer régulièrement la gravité de la crise économique, sans langue de bois mais sans dramatisation non plus. Un parler vrai qui, de fait, peut être la marque d'un bon leader. Et si, comme Pierre Wunsch, on assortit le tout d'un trait d'humour au second degré, c'est encore mieux! Pour le titre de " leader économique de l'année ", on retrouve à nouveau un match serré entre deux femmes, à savoir Muriel Bernard, CEO et fondatrice d'eFarmz et Emna Everard, à la barre de Kazidomi. Ces deux sociétés de vente en ligne ont vu leur chiffre d'affaires exploser avec le confinement. Le jury a opté pour Muriel Bernard à la fois parce que son entreprise est un peu plus ancienne (elle a été fondée en 2013) et parce qu'elle met résolument à l'avant les produits locaux. "C'est un peu un laboratoire du circuit court, souligne Paul Grosjean. Mais je n'oublie pas non plus qu'à travers ces deux entreprises, c'est tout l'écosystème des start-up bruxelloises que nous applaudissons." Ce n'est toutefois pas cette réussite économique que récompensent les Lobby Awards (même si cela aide...) mais bien l'implication de leurs dirigeantes dans une série de débats sociétaux et leur statut de symbole de l'entrepreneuriat féminin à Bruxelles. "J'assume à fond ce statut, confie Muriel Bernard au magazine Lobby. Je fais des conférences à ce sujet avec Clio Goldbrenner (créatrice belge d'une ligne de maroquinerie haut de gamme, Ndlr). Tout cela fait qu'eFarmz attire beaucoup de femmes. Idem pour la diversité. Ma société accueille toutes les cultures bruxelloises. Je sens réellement que nos collaborateurs sont motivés par cette volonté de porter des projets." La troisième place sur le podium économique revient à Frédéric Rouvez (Exki), auteur d'une lettre ouverte au monde politique l'automne dernier, dans laquelle il avance une série de pistes pour mobiliser les forces vives de la société dans la lutte contre le coronavirus. Cette lettre, relayée notamment par Trends-Tendances, a été partagée des milliers de fois sur les réseaux sociaux. En cette année Covid, le jury des Lobby Awards a inventé de nouvelles catégories. Le prix spécial de l'expert de l'année revient à Marius Gilbert (ULB), pour la qualité de ses nombreuses interventions médiatiques. Les dauphins sont Leila Belkhir (Saint-Luc) et Yves Coppieters (ULB). Le Lobby de l'année revient au Groupement des pédiatres (représenté par Tyl Jonckheer) qui a publié une lettre ouverte détaillant les effets négatifs pour les enfants de la fermeture des écoles. "Cette prise de position a fait bouger les lignes et accéléré la réouverture des écoles", estime Paul Grosjean. Enfin, on signalera que le leader bruxellois de l'année est Pierre Marcolini, désormais auréolé du titre de meilleur chocolatier du monde. Il devance la championne d'Europe de jiujitsu, Amal Amjahid, très impliquée dans la transmission aux jeunes de Molenbeek.