"Les propos de Georges-Louis Bouchez sont de la provocation", analyse Thierry Dock, maître de conférence invité à l'École des sciences du travail de l'UCLouvain. Pour l'expert, le chômage est avant tout une "identité dévalorisante": les personnes se trouvant dans cette situation se sentent stigmatisées par cette condition, car aux yeux de l'ensemble de la société, il est mal vu d'être au chômage. "Le rôle des syndicats c'est justement de défendre la dignité des travailleurs, et les laisser au chômage y serait contraire", explique Thierry Dock.

"C'est une déclaration ridicule, populiste, et basée sur des préjugés", ajoute Filip Dorssemont, professeur en droit du travail à l'UCLouvain et maître de conférences à l'ULB. Un deuxième point que les deux spécialistes critiquent n'est autre que l'idée selon laquelle les syndicats gagnent de l'argent avec le nombre de chômeurs.

"Des échos que j'ai, les syndicats ne reçoivent pas assez pour payer les indemnités. Ils sont en déficit. Le fait que les syndicats s'enrichissent par ce moyen est un phantasme", explique Thierry Dock, en ajoutant que sous le gouvernement Michel, des économies avaient été faites. "Les syndicats ne reçoivent pas assez, et doivent compenser via d'autres moyens, comme les cotisations des affiliés par exemple", analyse également Filip Dorssemont.

Pour rappel, les employeurs et indépendants paient des cotisations sociales à l'ONSS, dont une partie est ensuite attribuée aux syndicats pour indemniser les personnes se trouvant au chômage, et inscrites aux syndicats.

Un service public défaillant

Pour Thierry Dock, 90 à 95% des chômeurs sont indemnisés via les syndicats. "Le service publique, neutre, la CAPAC, ne fournit pas un bon service, il y a beaucoup de retards de paiements par exemple. La crise sanitaire a bien pu illustrer cela", explique-t-il.

Filip Dorssemont partage ce constat. Selon lui, 50% des personnes actives sont syndiquées. "Elles ne se syndiquent même pas toujours pour des raisons idéologiques, mais pour recevoir des services, car le service de l'Etat, notamment pour verser les indemnités de chômage, est de moindre qualité.

"Pas assez de postes à pourvoir"

Thierry Dock explique que la Wallonie compte 200.000 chômeurs. "Mais ce chiffre global n'a pas beaucoup de sens. La réalité par secteur est fort différente. Pour des métiers d'ingénieur par exmple, on trouve très rapidement du travail. Mais dans l'ensemble, il y a moins de postes à pourvoir qu'il y a de demandeurs d'emploi".

Un équilibre taux de chômage - augmentation des salaires

Il y a une corrélation entre le taux de chômage et les demandes d'augmentation des salaires en sciences économiques, explique Thierry Dock. Garder un certain pourcentage de chômeurs sur le marché peut donc avoir un intérêt pour les employeurs. "Si le taux de chômage est bas, les employés vont pouvoir plus facilement demander des augmentations de salaire. On a consaté cela en Flandre notamment. S'il y a un taux de chômage élevé, les employés ne peuvent que plus difficilement demander des augmentations."

Il existe également une telle corrélation entre le taux de chômage et la volonté du travailleur à garder son poste. Si le taux est élevé, le travailleur va garder son poste, même s'il peut lui déplaire, car il ne trouvera que difficilement un autre emploi. Si le taux est bas, il changera plus facilement d'emploi car il estime qu'il peut en trouver un autre plus facilement. Ces deux éléments influent alors sur le marché du travail et les taux de chômage.

Georges-Louis Bouchez contre la SETCa

Le syndicat des employés, techniciens et cadres de la FGTB (SETCa), dans les collonnes de la Dernière Heure, critiquait les propos sur les syndicats qu'avait tenu le président du parti libéral. Ce dernier répondait alors, dans le même média, qu'il y avait bel et bien du travail dans la région de Mons-Borinage, et que les syndicats font également des fausses déclarations sur les formations.

Il avance que 500 millions d'euros sont déboursés pour des formations, et que le Forem côute un milliard d'euros, pour s'occuper de 220.000 demandeurs d'emploi. Et que de nombreuses offres, comme chauffeur dans le transport, ne demanderaient pas beaucoup de formations, pour un salaire de 2.500 euros.

"Les syndicats ne connaissent pas le monde de l'entreprise, ils n'y sont que lorsqu'il s'agit d'y installer un piquet de grève. Le SETCa enchaine les caricatures traditionnelles de la gauche pour justifier le chômage. La raison est simple : le syndicat paie les allocations de chômage et touche de l'argent pour ce faire. Le chômage est un business rentable pour les syndicats !", explique Georges-Louis Bouchez.

Les sorties médiatiques du président du Mouvement Réformateur sur la gestion du chômage et le rôle que les syndicats y jouent sont fréquentes ces dernières semaines.

"Les propos de Georges-Louis Bouchez sont de la provocation", analyse Thierry Dock, maître de conférence invité à l'École des sciences du travail de l'UCLouvain. Pour l'expert, le chômage est avant tout une "identité dévalorisante": les personnes se trouvant dans cette situation se sentent stigmatisées par cette condition, car aux yeux de l'ensemble de la société, il est mal vu d'être au chômage. "Le rôle des syndicats c'est justement de défendre la dignité des travailleurs, et les laisser au chômage y serait contraire", explique Thierry Dock."C'est une déclaration ridicule, populiste, et basée sur des préjugés", ajoute Filip Dorssemont, professeur en droit du travail à l'UCLouvain et maître de conférences à l'ULB. Un deuxième point que les deux spécialistes critiquent n'est autre que l'idée selon laquelle les syndicats gagnent de l'argent avec le nombre de chômeurs. "Des échos que j'ai, les syndicats ne reçoivent pas assez pour payer les indemnités. Ils sont en déficit. Le fait que les syndicats s'enrichissent par ce moyen est un phantasme", explique Thierry Dock, en ajoutant que sous le gouvernement Michel, des économies avaient été faites. "Les syndicats ne reçoivent pas assez, et doivent compenser via d'autres moyens, comme les cotisations des affiliés par exemple", analyse également Filip Dorssemont. Pour rappel, les employeurs et indépendants paient des cotisations sociales à l'ONSS, dont une partie est ensuite attribuée aux syndicats pour indemniser les personnes se trouvant au chômage, et inscrites aux syndicats.Pour Thierry Dock, 90 à 95% des chômeurs sont indemnisés via les syndicats. "Le service publique, neutre, la CAPAC, ne fournit pas un bon service, il y a beaucoup de retards de paiements par exemple. La crise sanitaire a bien pu illustrer cela", explique-t-il.Filip Dorssemont partage ce constat. Selon lui, 50% des personnes actives sont syndiquées. "Elles ne se syndiquent même pas toujours pour des raisons idéologiques, mais pour recevoir des services, car le service de l'Etat, notamment pour verser les indemnités de chômage, est de moindre qualité.Thierry Dock explique que la Wallonie compte 200.000 chômeurs. "Mais ce chiffre global n'a pas beaucoup de sens. La réalité par secteur est fort différente. Pour des métiers d'ingénieur par exmple, on trouve très rapidement du travail. Mais dans l'ensemble, il y a moins de postes à pourvoir qu'il y a de demandeurs d'emploi".Il y a une corrélation entre le taux de chômage et les demandes d'augmentation des salaires en sciences économiques, explique Thierry Dock. Garder un certain pourcentage de chômeurs sur le marché peut donc avoir un intérêt pour les employeurs. "Si le taux de chômage est bas, les employés vont pouvoir plus facilement demander des augmentations de salaire. On a consaté cela en Flandre notamment. S'il y a un taux de chômage élevé, les employés ne peuvent que plus difficilement demander des augmentations."Il existe également une telle corrélation entre le taux de chômage et la volonté du travailleur à garder son poste. Si le taux est élevé, le travailleur va garder son poste, même s'il peut lui déplaire, car il ne trouvera que difficilement un autre emploi. Si le taux est bas, il changera plus facilement d'emploi car il estime qu'il peut en trouver un autre plus facilement. Ces deux éléments influent alors sur le marché du travail et les taux de chômage.