L'épidémie a beau avoir contaminé moins de 40 personnes parmi les 7,4 millions que compte le territoire semi-autonome du sud de la Chine, la peur est omniprésente, bouleversant encore la vie quotidienne comme les projets de ses habitants, dans une ville déjà chahutée par des mois de manifestations pro-démocratie souvent violentes.

Natalie Belbin, 35 ans, doit accoucher de son premier enfant en avril, un mois qui pourrait selon certains experts constituer le pic de l'épidémie à Hong Kong. Alors pour elle, l'attente de l'heureux événement se double d'angoisse. "Avec d'autres femmes enceintes, nous sommes comme prises dans un maelström, à ne pas savoir que faire", explique cette ressortissante américano-britannique qui a vécu suffisamment longtemps à Hong Kong pour acquérir un titre de résidence permanente.

Sous pression du fait de l'inflation du nombre de consultations de personnes craignant d'être infectées, les hôpitaux publics demandent désormais aux pères de ne pas assister aux accouchements.

- Pénurie de masques -

A en croire le groupe WhatsApp de femmes enceintes à laquelle Mme Belbin appartient, certaines économisent pour se payer un accouchement dans le privé quand d'autres sont déjà parties à l'étranger. Natalie Belbin, elle, se dit qu'elle restera à Hong Kong, quitte à accoucher sans son compagnon. "Je m'y suis résolue", explique-t-elle. "Mais je m'inquiète pour la sécurité du bébé à l'hôpital."

Hong Kong demeure traumatisé par le souvenir de l'épidémie de Syndrome respiratoire aigu sévère (Sras), qui avait fait 299 morts en 2002-2003.

Et la population est profondément méfiante à l'égard des autorités chinoises qui avaient longtemps tu l'existence de cette maladie. L'inflexibilité de Pékin face à la mobilisation politique massive des Hongkongais ces derniers mois a en outre contribué à élargir ce fossé entre le pouvoir central et la population de sa région semi-autonome.

Beaucoup redoutent une nouvelle catastrophe sanitaire, alors même que 36 cas seulement ont été confirmés, dont une personne décédée. aIllustration de cette psychose, la panique qui en a conduit certains à se ruer sur les stocks de gel désinfectant, de riz ou même de papier hygiénique dans les supermarchés, en raison de rumeurs faisant état de rupture des approvisionnements.

La pénurie de masques chirurgicaux est en revanche bien réelle. Et de longues files d'attente se forment devant les pharmacies dès que celles-ci annoncent avoir reçu des stocks.

- Individualisme -

Kris Choi, une jeune mère de famille, affirme que la quête de masques est devenue l'unique sujet de conversation de ses voisins, racontant notamment le cas d'une femme de 70 ans qui s'est mise à laver ses masques jetables. Plus personne, ou presque, ne monte dans un métro sans masque, et il n'est pas rare de voir des habitants réaliser leur jogging la bouche couverte.

Alors que la crise du Sras avait donné lieu à de remarquables élans de solidarité, les comportements, cette fois, semblent beaucoup plus individualistes. Ainsi des habitants ont-ils manifesté contre la création dans leur quartier d'un centre de quarantaine pour voyageurs arrivant de Chine continentale, lors d'un rassemblement qui a donné lieu à de violents heurts avec la police.

Des milliers de membres du personnel médical ont par ailleurs fait grève pour demander une fermeture totale de la frontière avec la Chine continentale afin d'endiguer la propagation du virus.

- "Vraiment déprimant" -

L'exécutif hongkongais, qui est aligné sur Pékin, s'est finalement résolu à fermer la plupart des point de passage avec le reste du pays, en ordonnant depuis samedi à tous les voyageurs de Chine de respecter une quarantaine de 14 jours.

L'épidémie bouleverse aussi la vie de la ville du fait de la fermeture des écoles depuis les congés du Nouvel An chinois, et qui demeureront fermées jusque début mars, au mieux.

Les enfants se retrouvent cloîtrés chez eux car toutes les activités en intérieur sont annulées. A charge pour les parents de leur faire cours avec les instructions envoyées par mail par les professeurs. Et beaucoup d'expatriés se sont résolus à renvoyer leurs bambins au pays.

Une année scolaire et universitaire particulièrement chahutée car nombre d'établissements avaient déjà été contraints de fermer lors des manifestations pro-démocratie.

D'ordinaires bondés, les trottoirs sont désormais déserts ou presque, et la circulation anormalement fluide.

Mais ce sont les commerçants, notamment dans les secteurs du tourisme, de la restauration ou des divertissements, qui devraient souffrir le plus, après avoir accusé le coup lors des manifestations.

"C'est comme une ville fantôme. C'est vraiment déprimant", résume Ila Ng, gérante depuis 15 ans d'un bar à Lan Kwai Fong, l'un des quartiers de la nuit hongkongaise.

Elle a dû se séparer de trois employés à temps partiel. Et c'est notamment grâce à ses habitués qu'elle n'a pas encore fermé.

"Nous espérons que l'épidémie sera terminée cet été."

L'épidémie a beau avoir contaminé moins de 40 personnes parmi les 7,4 millions que compte le territoire semi-autonome du sud de la Chine, la peur est omniprésente, bouleversant encore la vie quotidienne comme les projets de ses habitants, dans une ville déjà chahutée par des mois de manifestations pro-démocratie souvent violentes.Natalie Belbin, 35 ans, doit accoucher de son premier enfant en avril, un mois qui pourrait selon certains experts constituer le pic de l'épidémie à Hong Kong. Alors pour elle, l'attente de l'heureux événement se double d'angoisse. "Avec d'autres femmes enceintes, nous sommes comme prises dans un maelström, à ne pas savoir que faire", explique cette ressortissante américano-britannique qui a vécu suffisamment longtemps à Hong Kong pour acquérir un titre de résidence permanente.Sous pression du fait de l'inflation du nombre de consultations de personnes craignant d'être infectées, les hôpitaux publics demandent désormais aux pères de ne pas assister aux accouchements.- Pénurie de masques -A en croire le groupe WhatsApp de femmes enceintes à laquelle Mme Belbin appartient, certaines économisent pour se payer un accouchement dans le privé quand d'autres sont déjà parties à l'étranger. Natalie Belbin, elle, se dit qu'elle restera à Hong Kong, quitte à accoucher sans son compagnon. "Je m'y suis résolue", explique-t-elle. "Mais je m'inquiète pour la sécurité du bébé à l'hôpital."Hong Kong demeure traumatisé par le souvenir de l'épidémie de Syndrome respiratoire aigu sévère (Sras), qui avait fait 299 morts en 2002-2003.Et la population est profondément méfiante à l'égard des autorités chinoises qui avaient longtemps tu l'existence de cette maladie. L'inflexibilité de Pékin face à la mobilisation politique massive des Hongkongais ces derniers mois a en outre contribué à élargir ce fossé entre le pouvoir central et la population de sa région semi-autonome.Beaucoup redoutent une nouvelle catastrophe sanitaire, alors même que 36 cas seulement ont été confirmés, dont une personne décédée. aIllustration de cette psychose, la panique qui en a conduit certains à se ruer sur les stocks de gel désinfectant, de riz ou même de papier hygiénique dans les supermarchés, en raison de rumeurs faisant état de rupture des approvisionnements.La pénurie de masques chirurgicaux est en revanche bien réelle. Et de longues files d'attente se forment devant les pharmacies dès que celles-ci annoncent avoir reçu des stocks.- Individualisme -Kris Choi, une jeune mère de famille, affirme que la quête de masques est devenue l'unique sujet de conversation de ses voisins, racontant notamment le cas d'une femme de 70 ans qui s'est mise à laver ses masques jetables. Plus personne, ou presque, ne monte dans un métro sans masque, et il n'est pas rare de voir des habitants réaliser leur jogging la bouche couverte.Alors que la crise du Sras avait donné lieu à de remarquables élans de solidarité, les comportements, cette fois, semblent beaucoup plus individualistes. Ainsi des habitants ont-ils manifesté contre la création dans leur quartier d'un centre de quarantaine pour voyageurs arrivant de Chine continentale, lors d'un rassemblement qui a donné lieu à de violents heurts avec la police. Des milliers de membres du personnel médical ont par ailleurs fait grève pour demander une fermeture totale de la frontière avec la Chine continentale afin d'endiguer la propagation du virus.- "Vraiment déprimant" -L'exécutif hongkongais, qui est aligné sur Pékin, s'est finalement résolu à fermer la plupart des point de passage avec le reste du pays, en ordonnant depuis samedi à tous les voyageurs de Chine de respecter une quarantaine de 14 jours.L'épidémie bouleverse aussi la vie de la ville du fait de la fermeture des écoles depuis les congés du Nouvel An chinois, et qui demeureront fermées jusque début mars, au mieux.Les enfants se retrouvent cloîtrés chez eux car toutes les activités en intérieur sont annulées. A charge pour les parents de leur faire cours avec les instructions envoyées par mail par les professeurs. Et beaucoup d'expatriés se sont résolus à renvoyer leurs bambins au pays.Une année scolaire et universitaire particulièrement chahutée car nombre d'établissements avaient déjà été contraints de fermer lors des manifestations pro-démocratie.D'ordinaires bondés, les trottoirs sont désormais déserts ou presque, et la circulation anormalement fluide.Mais ce sont les commerçants, notamment dans les secteurs du tourisme, de la restauration ou des divertissements, qui devraient souffrir le plus, après avoir accusé le coup lors des manifestations."C'est comme une ville fantôme. C'est vraiment déprimant", résume Ila Ng, gérante depuis 15 ans d'un bar à Lan Kwai Fong, l'un des quartiers de la nuit hongkongaise.Elle a dû se séparer de trois employés à temps partiel. Et c'est notamment grâce à ses habitués qu'elle n'a pas encore fermé."Nous espérons que l'épidémie sera terminée cet été."