Pour marquer le centenaire de notre pays, deux grandes expositions furent organisées en 1930. L'une à Liège, l'autre à Anvers où les autorités voulurent marquer le coup en édifiant sur un terrain ruiné au cours de la Première Guerre mondiale le premier gratte-ciel du Vieux Continent. L'intention était bonne mais l'immeuble ne sera achevé qu'en 1931!
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Pour marquer le centenaire de notre pays, deux grandes expositions furent organisées en 1930. L'une à Liège, l'autre à Anvers où les autorités voulurent marquer le coup en édifiant sur un terrain ruiné au cours de la Première Guerre mondiale le premier gratte-ciel du Vieux Continent. L'intention était bonne mais l'immeuble ne sera achevé qu'en 1931! Comme partenaire, la Ville avait trouvé l'Algemene Bankvereninging dont la maison mère, la Middenkredietkas, finira emportée par la crise des années 1930. Frondeurs, les Anversois baptisèrent par dérision Boerentoren (Tour des paysans) le siège de cette banque construit avec "l'argent volé aux paysans" que le Boerenbond, principal actionnaire de la banque faillie, finira par rembourser mais en y mettant le temps. La banque n'occupait en fait que deux étages de ce bâtiment Art déco. Le reste était affecté au logement. Devenu immeuble de bureaux à partir de 1968, la Boerentoren est désertée un demi-siècle plus tard lorsque l'on y découvre de l'amiante. Celle-ci est si intimement liée à la structure que le coût de son élimination (80 millions d'euros) est estimé au double du prix d'acquisition de l'immeuble. Qu'importe, pourtant: Fernand Huts, qui a connu ses premiers émois amoureux à l'ombre de cette tour, entend aujourd'hui en faire cadeau aux Anversois en réservant 60% de son espace à des expositions et autres activités culturelles.Mais pas question pour le patron de Katoen Natie d'en faire un musée privé en y transférant sa collection personnelle, actuellement logée au sein de la fondation Phoebus. Seuls 40% de la surface totale seront exploités commercialement. "Un projet philanthropique inédit en Europe continentale", selon Fernand Huts, dont l'entreprise de services portuaires et logistiques a longtemps été pionnière en matière de stockage d'oeuvres d'art en entrepôt.