Le cours du métal rouge, baromètre de l'économie mondiale, a brièvement dépassé jeudi à 13H05 GMT (15H05 à Paris) le seuil des 10.000 dollars la tonne sur le London Metal Exchange (LME), après quatre séances consécutives de hausse et un gain de plus de 25% depuis le 1er janvier.

Il s'est un peu rétracté à la clôture pour terminer à 9.876 dollars. Son record historique avait été atteint le 15 février 2011, à 10.190 dollars.

Pour Anna Stablum, de Marex Spectron, le cuivre est principalement "soutenu par la faiblesse du dollar", propre à encourager les achats de métaux libellés en devise américaine pour les investisseurs munis d'autres monnaies.

Le billet vert s'est en effet déprécié de plus de 2,5% depuis le début du mois d'avril face à un panier constitué d'autres grandes monnaies.

Neil Wilson, de Markets.com, y voit lui le fruit d'un "mélange de hausse de la demande et de problèmes d'approvisionnement au Chili", premier producteur mondial.

Des mobilisations cette semaine au Chili ont perturbé l'activité des ports de San Antonio et d'Iquique, près desquels se trouvent les grandes mines. Mais la situation s'est calmée après que la Cour constitutionnelle a donné raison aux revendications des manifestants du secteur minier qui demandent à retirer une partie de leurs fonds de retraite privés.

Pour vendredi, un appel à la grève générale a été lancé, mais des doutes subsistent quant à la capacité à s'unifier dans un pays qui est pour l'essentiel en quarantaine.

Pour Elijah Oliveros-Rosen, économiste en chef pour l'Amérique latine chez S&P Global Ratings, "c'est typiquement lorsqu'on a des hauts prix du cuivre que les syndicats commencent à faire des grèves pour obtenir de meilleures conditions".

"Mais s'il y a grève, cela signifie moins d'offre et si cela continue, il n'est pas exclu que les cours montent encore", a ajouté Bart Melek de TD Securities.

L'appétit de métal rouge provient principalement de la Chine qui engloutit la moitié de la production de la planète. Le Groupe d'étude international du cuivre (ICSG) a chiffré le mois dernier à +13% l'augmentation de la demande déclarée de cuivre en Chine sur l'ensemble de l'année 2020.

Et ce n'est pas parti pour s'arrêter puisque Pékin a annoncé mi-avril une hausse record de sa croissance économique au premier trimestre (+18,3% sur un an).

- Décarbonation -

"Le précédent sommet historique de février 2011 est probablement parti pour tomber", a souligné Daniel Briesemann, analyste de Commerzbank, avant qu'une "correction ne s'impose".

"Dans plusieurs années, nous nous attendons à voir des prix du cuivre encore plus élevés, car il jouera comme de nombreux autres métaux un rôle important dans les plans de décarbonation de nombreux pays", a-t-il complété.

Le cours profite aussi "du mouvement des infrastructures énergétiques qui transitionnent vers des technologies utilisant plus de cuivre", a souligné Elijah Oliveros-Rosen.

Fortement utilisé dans l'industrie, notamment pour la confection de circuits électriques, le cuivre est également connu pour refléter l'état de santé de l'économie mondiale, d'où son surnom de Docteur Cuivre (Dr Copper).

En convalescence depuis son plus bas niveau de 2020 touché le 19 mars à 4.371,00 dollars, le métal rouge a donc depuis plus que doublé et largement dépassé son niveau d'avant la pandémie de Covid-19.

Il n'est pas le seul métal à connaître une première partie d'année en fanfare: l'aluminium s'est apprécié de plus de 20% depuis le 1er janvier, retrouvant à près de 2.500 dollars la tonne des prix comparables à avril 2018.

Quant au minerai de fer, il a touché cette semaine un record historique selon l'indice compilé par S&P Platts depuis la fin des années 2000.

Le cours du métal rouge, baromètre de l'économie mondiale, a brièvement dépassé jeudi à 13H05 GMT (15H05 à Paris) le seuil des 10.000 dollars la tonne sur le London Metal Exchange (LME), après quatre séances consécutives de hausse et un gain de plus de 25% depuis le 1er janvier.Il s'est un peu rétracté à la clôture pour terminer à 9.876 dollars. Son record historique avait été atteint le 15 février 2011, à 10.190 dollars.Pour Anna Stablum, de Marex Spectron, le cuivre est principalement "soutenu par la faiblesse du dollar", propre à encourager les achats de métaux libellés en devise américaine pour les investisseurs munis d'autres monnaies.Le billet vert s'est en effet déprécié de plus de 2,5% depuis le début du mois d'avril face à un panier constitué d'autres grandes monnaies.Neil Wilson, de Markets.com, y voit lui le fruit d'un "mélange de hausse de la demande et de problèmes d'approvisionnement au Chili", premier producteur mondial. Des mobilisations cette semaine au Chili ont perturbé l'activité des ports de San Antonio et d'Iquique, près desquels se trouvent les grandes mines. Mais la situation s'est calmée après que la Cour constitutionnelle a donné raison aux revendications des manifestants du secteur minier qui demandent à retirer une partie de leurs fonds de retraite privés.Pour vendredi, un appel à la grève générale a été lancé, mais des doutes subsistent quant à la capacité à s'unifier dans un pays qui est pour l'essentiel en quarantaine.Pour Elijah Oliveros-Rosen, économiste en chef pour l'Amérique latine chez S&P Global Ratings, "c'est typiquement lorsqu'on a des hauts prix du cuivre que les syndicats commencent à faire des grèves pour obtenir de meilleures conditions". "Mais s'il y a grève, cela signifie moins d'offre et si cela continue, il n'est pas exclu que les cours montent encore", a ajouté Bart Melek de TD Securities.L'appétit de métal rouge provient principalement de la Chine qui engloutit la moitié de la production de la planète. Le Groupe d'étude international du cuivre (ICSG) a chiffré le mois dernier à +13% l'augmentation de la demande déclarée de cuivre en Chine sur l'ensemble de l'année 2020.Et ce n'est pas parti pour s'arrêter puisque Pékin a annoncé mi-avril une hausse record de sa croissance économique au premier trimestre (+18,3% sur un an).- Décarbonation -"Le précédent sommet historique de février 2011 est probablement parti pour tomber", a souligné Daniel Briesemann, analyste de Commerzbank, avant qu'une "correction ne s'impose"."Dans plusieurs années, nous nous attendons à voir des prix du cuivre encore plus élevés, car il jouera comme de nombreux autres métaux un rôle important dans les plans de décarbonation de nombreux pays", a-t-il complété.Le cours profite aussi "du mouvement des infrastructures énergétiques qui transitionnent vers des technologies utilisant plus de cuivre", a souligné Elijah Oliveros-Rosen. Fortement utilisé dans l'industrie, notamment pour la confection de circuits électriques, le cuivre est également connu pour refléter l'état de santé de l'économie mondiale, d'où son surnom de Docteur Cuivre (Dr Copper).En convalescence depuis son plus bas niveau de 2020 touché le 19 mars à 4.371,00 dollars, le métal rouge a donc depuis plus que doublé et largement dépassé son niveau d'avant la pandémie de Covid-19.Il n'est pas le seul métal à connaître une première partie d'année en fanfare: l'aluminium s'est apprécié de plus de 20% depuis le 1er janvier, retrouvant à près de 2.500 dollars la tonne des prix comparables à avril 2018. Quant au minerai de fer, il a touché cette semaine un record historique selon l'indice compilé par S&P Platts depuis la fin des années 2000.