Selon la dernière édition du Media for Democracy Monitor (MDM), la presse belge néerlandophone, qui intègre cette étude pour la première fois (les médias francophones n'ont, eux, pas été analysés), possède d'indéniables points forts. Citons notamment le fact cheking et l'éthique.
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Selon la dernière édition du Media for Democracy Monitor (MDM), la presse belge néerlandophone, qui intègre cette étude pour la première fois (les médias francophones n'ont, eux, pas été analysés), possède d'indéniables points forts. Citons notamment le fact cheking et l'éthique. Le MDM se montre en revanche fort critique sur d'autres points, tel le journalisme d'investigation. Certes, les budgets éditoriaux sont étriqués et l'actuelle pandémie n'arrange guère les choses. Mais moins d'un journaliste flamand sur six fait usage de la loi relative à l'accès aux documents administratifs. La procédure, il est vrai, se révèle tout sauf simple! La concentration du secteur suscite aussi des inquiétudes. S'y ajoute par ailleurs un plafond de verre toujours bien solide pour les femmes, et qui devient carrément du béton lorsqu'il concerne les personnes d'origine étrangère. Enfin, pour ne rien arranger, de plus en plus de journalistes travaillent sous des statuts précaires. Ce manque de diversité se retrouve jusque dans l'information. Les synergies entre rédactions d'un même groupe permettent certes de rester concurrentiel mais risquent d'entraîner un appauvrissement de la diversité des sources et des produits d'information. Professeure à l'Institut pour l'étude des médias de la KU Leuven, Leen d'Haenens tient toutefois à nuancer. Dans un marché de six millions d'habitants, la concentration est une nécessité et les groupes eux-mêmes ont intérêt à diversifier leurs supports afin d'atteindre un maximum de public. A ses yeux, c'est surtout la pression des réseaux sociaux qui lui paraît inquiétante. En 2018 déjà, 13,5% des journalistes flamands affirmaient avoir été insultés ou menacés. Aux Pays-Bas, commente-t-elle, la télévision doit, par exemple, utiliser des voitures banalisées si elle veut tourner des images dans certains quartiers.