Une conférence de haut niveau sur l'économie bleue durable (Sustainable Blue Economy Conference) se tiendra à Nairobi du 26 au 28 novembre prochains. Elle se concentrera sur les nouvelles technologies et l'innovation pour les océans, les mers, les lacs et les rivières. L'Afrique a de bonnes raisons de se réjouir du potentiel de l'industrie maritime. L'"économie bleue" occupera dès lors une place importante dans l'agenda du développement africain durant les cinquante prochaines années et pourra, selon les Nations Unies, constituer le socle d'une "renaissance africaine". Cette dernière s'appuiera notamment sur le développement de la pêche, du tourisme, du transport maritime et de l'exploitation minière offshore.
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Une conférence de haut niveau sur l'économie bleue durable (Sustainable Blue Economy Conference) se tiendra à Nairobi du 26 au 28 novembre prochains. Elle se concentrera sur les nouvelles technologies et l'innovation pour les océans, les mers, les lacs et les rivières. L'Afrique a de bonnes raisons de se réjouir du potentiel de l'industrie maritime. L'"économie bleue" occupera dès lors une place importante dans l'agenda du développement africain durant les cinquante prochaines années et pourra, selon les Nations Unies, constituer le socle d'une "renaissance africaine". Cette dernière s'appuiera notamment sur le développement de la pêche, du tourisme, du transport maritime et de l'exploitation minière offshore.SurexploitationLe potentiel est énorme : plus de la moitié des pays du continent sont des États côtiers ou insulaires. L'Afrique dispose d'un littoral de plus de 47.000 km, ainsi que de 13 millions de km2 de zones économiques exclusives (ZEE).Toutefois, les possibilités sont à peine exploitées. Aujourd'hui, le revenu annuel de l'industrie maritime sur la côte africaine est estimé à 1.000 milliards de dollars, un montant qui pourrait tripler d'ici deux ans.Une perspective encourageante, mais il n'en faut pas moins rester attentif aux dangers qui découlent d'une utilisation non durable de ces ressources. Si la législation nationale et internationale prévoit une exploitation durable, la réalité actuelle dans le secteur de la pêche par exemple appelle à une certaine prudence : la surexploitation des stocks de poissons fait perdre chaque année environ 1,3 milliard de dollars à l'Afrique.Changement climatiqueLaisser les activités maritimes suivre leur cours peut engendrer de la pollution, tout en nuisant à la biodiversité et à la santé humaine. On estime qu'entre 5 et 13 millions de tonnes de plastique atterrissent chaque année dans les océans, ce qui représente un préjudice économique d'environ 13 milliards de dollars par an.En outre, le changement climatique, l'élévation du niveau de la mer et l'augmentation de sa température, ainsi que l'acidification des océans menacent à terme plus d'un quart de la population africaine vivant dans un rayon de 100 kilomètres du littoral et y gagnant un revenu.Tous ces défis sont abordés dans l'Objectif 14 de développement durable (SDG14) sur la conservation et l'exploitation durable des océans, des mers et des ressources marines.InfrastructuresIl est clair que les pays africains doivent se concentrer principalement sur les infrastructures et la capacité limitées actuelles s'ils veulent une économie bleue viable. Cela doit aller de pair avec la protection des eaux et du littoral. En outre, des partenariats doivent être établis, y compris pour des modèles de financement novateurs, de préférence par l'intermédiaire du secteur privé.Les premiers signes sont encourageants. La moitié des pays africains ont adopté la Charte de Lomé. Celle-ci prévoit des accords sur la sûreté et la sécurité maritimes et le développement en Afrique, qui incluent la coopération dans le domaine de la formation, la création de centres nationaux de coordination et l'harmonisation de la législation maritime nationale.InvestisseursCes accords s'intégreront dans la vision à long terme pour le développement de l'économie bleue, telle que définie dans la Stratégie Maritime Intégrée de l'Afrique pour l'horizon 2050 (Stratégie AIM 2050).La complexité des tâches qui nous attendent impose la concertation. Il s'agit tout d'abord de mener à bien les nombreuses négociations, la planification, la coordination et la contribution des différentes parties prenantes. Une fois cette étape partiellement accomplie, il faudra convaincre les investisseurs d'investir dans l'économie bleue africaine. L'absence de données concrètes et de cadres politiques et juridiques entraînera naturellement des retards pour les investissements à grande échelle éventuels dans les infrastructures maritimes. Or, ces investissements sont nécessaires pour atteindre les objectifs ambitieux de la stratégie AIM 2050.Sortir de la pauvretéLors de la conférence internationale sur l'économie bleue durable qui se tiendra à Nairobi à la fin du mois, les investisseurs et les pays participants auront l'occasion d'explorer les différents secteurs de l'économie bleue.Une économie bleue bien réglementée offre au continent africain non seulement les moyens de s'émanciper de la pauvreté, mais aussi un avenir durable. L'économie bleue peut provoquer une transformation structurelle en Afrique, une transformation vers un progrès économique et un développement social durables.Traduction : virginie·dupont·sprl