Il serait déplacé de faire la fine bouche. Malgré les difficultés budgétaires consécutives à la crise du Covid-19, le gouvernement wallon conforte son ambitieux plan de rénovation du parc de logements publics. Il prévoit un investissement annuel de 300 millions d'euros (225 pour le gouvernement, 75 pour les sociétés de logement) pour rénover 25.000 logements en quatre ans et les mettre aux normes de salubrité et d'efficacité énergétique. Ces investissements devraient avoir un triple impact : social (confort et diminution de la facture énergétique), environnemental (moins d'émissions) et économique (travaux menés essentiellement par des entreprises locales). " C'est le parfait exemple de la politique de relance aux bénéfices partagés que le gou...

Il serait déplacé de faire la fine bouche. Malgré les difficultés budgétaires consécutives à la crise du Covid-19, le gouvernement wallon conforte son ambitieux plan de rénovation du parc de logements publics. Il prévoit un investissement annuel de 300 millions d'euros (225 pour le gouvernement, 75 pour les sociétés de logement) pour rénover 25.000 logements en quatre ans et les mettre aux normes de salubrité et d'efficacité énergétique. Ces investissements devraient avoir un triple impact : social (confort et diminution de la facture énergétique), environnemental (moins d'émissions) et économique (travaux menés essentiellement par des entreprises locales). " C'est le parfait exemple de la politique de relance aux bénéfices partagés que le gouvernement wallon veut mener pour assurer durablement le bien-être de tous ", se réjouit le ministre du Logement Pierre-Yves Dermagne (PS). Le secteur de la construction accueille évidemment la nouvelle avec une grande satisfaction. Surtout qu'elle fait suite à l'annonce du plan Get Up Wallonia, qui prévoit notamment 2 milliards d'euros pour les chantiers routiers. De quoi remplumer les carnets de commandes. " Ce n'est pas un cadeau, précise toutefois Francis Carnoy, directeur général de la Confédération Construction Wallonie, mais le rattrapage de 20 ou 30 ans de sous-investissement dans le logement. " Il avance trois suggestions afin de maximiser l'effet de relance économique de cet investissement. Sur le timing d'abord : les sociétés de logement ont six mois pour remettre leurs plans d'action, ce qui, avec des procédures administratives allégées, laisse augurer l'ouverture des chantiers en 2021. " Mais c'est maintenant qu'il faut agir si l'on veut contrer l'effet Covid, affirme Francis Carnoy. Les entreprises ont besoin de commandes cette année. " La deuxième suggestion porte sur le calibrage des chantiers. Plus les marchés sont importants, plus ils attirent des entreprises extérieures. " L'Europe laisse une marge de manoeuvre aux pouvoirs publics, poursuit le directeur de la Construction wallonne. En découpant les marchés en lots de taille adéquate, on peut vraiment stimuler les retombées économiques locales, y compris du côté des matériaux. Tout le monde parle de circuit court, c'est le moment d'agir en ce sens. " Des exigences de qualité pourraient aussi favoriser des entreprises locales, par exemple celles qui développent des technologies innovantes et durables au sein de la plateforme wallonne de l'isolation. " C'est l'occasion d'expérimenter cette construction 4.0, assure Francis Carnoy. Ce sera bien utile après pour le gros morceau que reste le logement privé. " Il espère évidemment que la situation budgétaire ne remettra pas en cause l'Alliance Emploi Environnement, qui ambitionne d'améliorer l'efficacité énergétique des habitations privées, soit 90% du parc immobilier. Enfin, la dernière suggestion concerne la main-d'oeuvre. Ces dernières années, le secteur de la construction s'est régulièrement lamenté à propos de la pénurie de personnel dans certains métiers. C'est un peu moins le cas aujourd'hui puisque, en raison de la crise, un quart des entreprises du secteur prévoit des licenciements. Mais demain, si l'économie repart, s'il faut mener de front des multiples chantiers immobiliers et routiers, les problèmes de recrutement devraient ressurgir. L'échéancier du gouvernement wallon laisse de six mois à un an pour former les futurs ouvriers et techniciens nécessaires à la réalisation des chantiers. La Confédération a pris langue avec le Forem en vue d'organiser les formations les plus pertinentes.