Attention, petit sujet sensible à venir au sein de la Vivaldi fédérale. Un de plus. Un dossier, encore, qui risque de susciter des tensions entre libéraux et écologistes. Petit rappel. Lors du dernier conclave budgétaire fédéral, le MR s'est opposé à la volonté de supprimer l'avantage fiscal octroyé à ceux qui achètent une seconde résidence.

Gilles Vanden Burre, chef de groupe Ecolo à la Chambre, annonce à Trends Tendances que son parti va déposer une proposition de loi pour relancer le sujet en commission parlementaire. Il s'en explique, en espérant convaincre: l'objectif, dit-il, n'est pas de dégager une majorité alternative.

Etes-vous favorable à la fin de l'avantage fiscal octroyé sous forme d'une déductibilité des intérêts pour l'achat d'une seconde résidence?

Oui. La décision a été bloquée par le MR au moment du conclave budgétaire fédéral. Mais je peux vous annoncer que nous avons redéposé une proposition de loi en ce sens sur la table de la commission des Finances de la Chambre. Est-il normal que l'Etat aide des gens à avoir une seconde résidence avec cette déductibilité fiscale des intérêts ? Faut-il mobiliser de l'argent public pour cela - on parle d'une centaine de millions d'euros quand même? Nous ne le pensons pas. Nous sommes convaincus qu'il faut mettre un terme à ce dispositif. Nous estimons qu'il serait préférable de consacrer ce montant pour aider ceux qui ne sont pas encore propriétaires. Trop de jeunes sont confrontés à une difficulté de plus en plus grande pour s'acheter un logement, singulièrement dans les grandes villes.

En déposant ce texte, espérez-vous obtenir une majorité alternative pour soutenir cette proposition au Parlement?

Ce n'est pas notre intention. Nous voulons avant tout tenter de convaincre nos collègues du MR du bien-fondé de notre position. Nous ne souhaitons pas mettre la majorité fédérale en danger, mais nous estimons que ce sujet mérite un débat de fond en commission du Parlement. La question centrale, c'est la justice fiscale.

Comment pensez-vous qu'il faut précisément garantir davantage cette justice fiscale?

Le raisonnement de base, selon nous, c'est de considérer que les bas et les moyens salaires sont trop taxés. Un tax shift doit leur redonner des marges, de l'oxygène. Le salaire médian en Belgique tourne autour des 3.500 euros brut par mois, la barre devrait selon nous se situer autour des 3.000. Pour augmenter ces bas et moyens salaires, il s'agit de faire contribuer les épaules les plus larges, les plus gros patrimoines, ceux qui se situent au-dessus d'un million d'euros hors habitation propre et hors outil industriel. Un autre volet d'un tel tax shift devrait concerner une fiscalité accrue sur les produits polluants, avec une redistribution à 100% pour la transition. Une série de pas ont déjà été posés en ce sens lors du dernier conclave budgétaire et nous nous en félicitons. C'est le cas de la contribution demandée à certaines épaules larges comme les sportifs professionnels ou les expatriés, de la réduction de la cotisation sur la sécurité sociale qui redonnera des moyens à ceux qui travaillent ou encore de la taxation des comptes-titres. Selon nous, il serait souhaitable d'aller plus loin lors de la réforme fiscale qui doit être discutée au sein de la majorité l'année prochaine. µ

Attention, petit sujet sensible à venir au sein de la Vivaldi fédérale. Un de plus. Un dossier, encore, qui risque de susciter des tensions entre libéraux et écologistes. Petit rappel. Lors du dernier conclave budgétaire fédéral, le MR s'est opposé à la volonté de supprimer l'avantage fiscal octroyé à ceux qui achètent une seconde résidence.Gilles Vanden Burre, chef de groupe Ecolo à la Chambre, annonce à Trends Tendances que son parti va déposer une proposition de loi pour relancer le sujet en commission parlementaire. Il s'en explique, en espérant convaincre: l'objectif, dit-il, n'est pas de dégager une majorité alternative.Etes-vous favorable à la fin de l'avantage fiscal octroyé sous forme d'une déductibilité des intérêts pour l'achat d'une seconde résidence?Oui. La décision a été bloquée par le MR au moment du conclave budgétaire fédéral. Mais je peux vous annoncer que nous avons redéposé une proposition de loi en ce sens sur la table de la commission des Finances de la Chambre. Est-il normal que l'Etat aide des gens à avoir une seconde résidence avec cette déductibilité fiscale des intérêts ? Faut-il mobiliser de l'argent public pour cela - on parle d'une centaine de millions d'euros quand même? Nous ne le pensons pas. Nous sommes convaincus qu'il faut mettre un terme à ce dispositif. Nous estimons qu'il serait préférable de consacrer ce montant pour aider ceux qui ne sont pas encore propriétaires. Trop de jeunes sont confrontés à une difficulté de plus en plus grande pour s'acheter un logement, singulièrement dans les grandes villes.En déposant ce texte, espérez-vous obtenir une majorité alternative pour soutenir cette proposition au Parlement?Ce n'est pas notre intention. Nous voulons avant tout tenter de convaincre nos collègues du MR du bien-fondé de notre position. Nous ne souhaitons pas mettre la majorité fédérale en danger, mais nous estimons que ce sujet mérite un débat de fond en commission du Parlement. La question centrale, c'est la justice fiscale.Comment pensez-vous qu'il faut précisément garantir davantage cette justice fiscale?Le raisonnement de base, selon nous, c'est de considérer que les bas et les moyens salaires sont trop taxés. Un tax shift doit leur redonner des marges, de l'oxygène. Le salaire médian en Belgique tourne autour des 3.500 euros brut par mois, la barre devrait selon nous se situer autour des 3.000. Pour augmenter ces bas et moyens salaires, il s'agit de faire contribuer les épaules les plus larges, les plus gros patrimoines, ceux qui se situent au-dessus d'un million d'euros hors habitation propre et hors outil industriel. Un autre volet d'un tel tax shift devrait concerner une fiscalité accrue sur les produits polluants, avec une redistribution à 100% pour la transition. Une série de pas ont déjà été posés en ce sens lors du dernier conclave budgétaire et nous nous en félicitons. C'est le cas de la contribution demandée à certaines épaules larges comme les sportifs professionnels ou les expatriés, de la réduction de la cotisation sur la sécurité sociale qui redonnera des moyens à ceux qui travaillent ou encore de la taxation des comptes-titres. Selon nous, il serait souhaitable d'aller plus loin lors de la réforme fiscale qui doit être discutée au sein de la majorité l'année prochaine. µ