Bruxelles a plus d'églises que Paris

Selon l'Atlas du patrimoine religieux flamand, 8% des 1.800 églises de Flandre ne seraient plus utilisées. Depuis 2016, un Bureau de projet s'attache à étudier la faisabilité d'une reconversion pour ces bâtiments désertés et 83 d'entre eux font l'objet d'une telle étude. Côté wallon et bruxellois, les autorités en sont encore au stade de la cartographie. Mais il y a du boulot! Rien qu'à Bruxelles, on compte quelque 250 églises. C'est davantage qu'à Paris, agglomération pourtant autrement plus importante.
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Selon l'Atlas du patrimoine religieux flamand, 8% des 1.800 églises de Flandre ne seraient plus utilisées. Depuis 2016, un Bureau de projet s'attache à étudier la faisabilité d'une reconversion pour ces bâtiments désertés et 83 d'entre eux font l'objet d'une telle étude. Côté wallon et bruxellois, les autorités en sont encore au stade de la cartographie. Mais il y a du boulot! Rien qu'à Bruxelles, on compte quelque 250 églises. C'est davantage qu'à Paris, agglomération pourtant autrement plus importante. Les réaffectations peuvent être très diverses: hôtels, bibliothèques, restaurants, salles de spectacle, crèches, etc. En Espagne, une église a même été transformée en skatepark ! En Belgique, l'Eglise catholique est très soucieuse du futur usage qu'il sera fait de ses édifices, et ne délivre les décrets de désacralisation qu'après avoir vu et entériné les projets. Or, sans désacralisation, pas de réaffectation possible. Si une ancienne chapelle a déjà pu être transformée en discothèque à Ixelles (le Spirito), c'est uniquement parce qu'elle appartenait à une congrégation de rite anglican. L'archidiocèse de Malines-Bruxelles n'était donc en rien concerné. Il y a quelques années, Watermael-Boitsfort s'était lancée dans la rénovation du clocher de l'église Saint-Hubert, bâtiment phare de la commune, mais l'entrepreneur en charge des travaux avait fait faillite et laissé le chantier en plan. Que faire alors de ce bâtiment, sachant qu'il en aurait coûté près de 5 millions d'euros pour le remettre en état? La vente semblait la meilleure solution. En 2016, l'église est donc désacralisée et en 2017, un promoteur immobilier - Inside Development - la rachète à la commune pour 1,15 million d'euros afin d'y réaliser 41 appartements de luxe. Le rez-de-chaussée sera normalement consacré à des activités tertiaires et un lieu de culte de 1.100 m² conservé. Fin juin de cette année, la commune a rendu un avis favorable sur cet avant-projet. Les difficultés d'un tel projet? "Parvenir à mettre tout le monde d'accord: la commune, l'archidiocèse, la fabrique d'église et la communauté de fidèles, répond Carlos de Meester, le patron d'Inside Development. Et pour certains, le temps n'est pas le même. Pour l'archidiocèse, six mois de plus, ce n'est rien, alors que pour la commune ou pour un promoteur comme moi, ça compte." Pour l'aspect technique, par contre, l'entreprise est plus aisée qu'on ne le pense: "On crée une boîte dans une boîte, explique Carlos de Meester. On construit une structure métallique à l'intérieur de l'église, qu'on rattache aux murs extérieurs, ce qui renforce la structure du bâtiment. Pour le clocher de Saint-Hubert, en très mauvais état, on a cependant dû concevoir une tour annexe pour le stabiliser". Avec l'église Saint-Hubert, Inside Development n'en sera pas à son coup d'essai en ce qui concerne la rénovation d'édifices religieux. Le couvent de la Vierge Fidèle et sa chapelle, à Schaerbeek, sont déjà en cours de transformation (photos): 16 appartements haut de gamme, une reconversion qui allie "le caractère et l'histoire de ce bien aux exigences de confort correspondant à notre rythme de vie actuel", selon le promoteur. Les prix? De 249.000 euros pour un studio avec mezzanine à 875.000 euros pour un triplex trois chambres de 280 m². Alors que le projet ne sera terminé qu'en 2019, un tiers des appartements sont déjà vendus. "C'est une très bonne surprise, avoue Carlos de Meester. Il faut dire que quand il n'y a pas deux appartements les mêmes, les gens se décident très vite."