Les temps sont durs pour les jeunes qui veulent devenir propriétaires de leur logement. C'est ce qui ressort du bilan annuel dressé par BNP Paribas Fortis sur l'état du marché immobilier en Belgique. L'an dernier, la banque a accordé un nouveau crédit sur cinq aux emprunteurs de moins de 30 ans, contre un sur quatre en 2019.
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Les temps sont durs pour les jeunes qui veulent devenir propriétaires de leur logement. C'est ce qui ressort du bilan annuel dressé par BNP Paribas Fortis sur l'état du marché immobilier en Belgique. L'an dernier, la banque a accordé un nouveau crédit sur cinq aux emprunteurs de moins de 30 ans, contre un sur quatre en 2019.La crise sanitaire et le premier confinement sont bien sûr à l'origine de la baisse. "Il faut toutefois relativiser cette diminution dans la mesure où 2019 avait été une année record, pointe Marc Delforge, responsable crédits chez BNP Paribas Fortis, leader du marché avec un crédit habitation sur quatre. L'an dernier, beaucoup de primo-acquéreurs ont anticipé la fin du bonus logement en Flandre et l'entrée en vigueur des nouvelles règles fixées par la Banque nationale en matière de quotité empruntée. Fin 2019, près d'un tiers de la production hypothécaire était destiné aux milléniaux. Et ceux qui ont acheté un bien en 2019 ne l'ont bien évidemment pas fait en 2020."Covid et quotitésComme le souligne le responsable commercial de BNP Paribas Fortis, la pandémie n'est pas le seul élément à prendre en considération. Les nouvelles règles imposées par la Banque nationale depuis le 1er janvier 2020 en matière de quotité jouent aussi. Pour rappel, chaque banque doit désormais exiger de la part du candidat emprunteur un apport personnel d'au moins 20 % de la valeur du bien convoité. En clair, fini d'emprunter à 100 % pour acheter sa maison. La mesure vise à éviter une bulle immobilière en pénalisant les multi-propriétaires. Mais elle handicape aussi les jeunes. "Même si nous n'avons pas de notre côté durci les règles de décision quant à l'octroi de crédits aux jeunes, l'effort supplémentaire demandé par la BNB joue clairement sur le plan psychologique et la demande, confie Marc Delforge. Mettre 20 % du prix d'achat d'un bien sur la table est en effet une gageure en début de carrière où l'épargne ne s'est pas encore suffisamment constituée. Cependant, si les mesures peuvent freiner parfois leur enthousiasme, les jeunes candidats acquéreurs sont plutôt pénalisés par la hausse croissante des prix de l'immobilier et par l'incertitude économique actuelle." Et si les milléniaux continuent à emprunter, grâce bien souvent à un coup de pouce des parents, c'est toutefois pour un montant (201.000 euros) et une durée (275 mois) supérieurs à la moyenne.Baby-boomersA l'inverse cependant des milléniaux, "les baby-boomers n'ont pas souffert des nouvelles règles de la BNB ni des conséquences de la crise sanitaire", observe Marc Delforge. La proportion de crédits accordés par la banque aux plus de 55 ans a ainsi grimpé de 12 % par rapport à 2019. Soucieux d'investir pour leurs vieux jours, ces baby-boomers qui disposent de moyens plus importants que les milleniaux continuent à tirer profit des taux bas, ils amènent en moyenne 51 % de la valeur du bien acheté, pour emprunter 191.100 euros et via des crédits d'une durée plus courte (113 mois). µ