"Ce n'est pas tous les jours qu'un groupe belge réalise une acquisition de cette ampleur, lance tout de go Bernard Delvaux, CEO du groupe Etex (ex-Eternit), qui a pris ses fonctions en septembre dernier, en tandem avec Paul Van Oyen jusque fin 2021. On parle ici d'un achat qui avoisine le milliard d'euros pour une société qui est leader européen du polystyrène extrudé et qui figure dans le top 3 pour la laine de verre minérale. L'acquisition est naturellement soumise aux conditions habituelles de clôture et aux termes de celle-ci, la transaction sera officiellement finalisée."
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"Ce n'est pas tous les jours qu'un groupe belge réalise une acquisition de cette ampleur, lance tout de go Bernard Delvaux, CEO du groupe Etex (ex-Eternit), qui a pris ses fonctions en septembre dernier, en tandem avec Paul Van Oyen jusque fin 2021. On parle ici d'un achat qui avoisine le milliard d'euros pour une société qui est leader européen du polystyrène extrudé et qui figure dans le top 3 pour la laine de verre minérale. L'acquisition est naturellement soumise aux conditions habituelles de clôture et aux termes de celle-ci, la transaction sera officiellement finalisée." Cette acquisition ajoute une nouvelle activité au groupe Etex qui compte actuellement quatre divisions mondiales: building performance (solutions de construction sèche telles que des panneaux en plâtre, en fibres-ciment et de protection passive contre l'incendie) ; exteriors (matériaux esthétiques en fibres-ciment pour une application extérieure dans les secteurs agricole, architectural et résidentiel) ; industry (protection incendie passive et isolation haute température) et new ways (technologies construction hors site avec structures de bois et acier). "Cette dernière branche est plus récente, ajoute Bernard Delvaux. Nous avons ainsi huit sociétés réparties à travers le monde qui sont dédiées à cette nouvelle activité de construction de maisons en usine. Elle s'inscrit parfaitement dans notre stratégie de développement et d'innovation durables." "La construction est encore un secteur assez traditionnel, poursuit-il. Par bien des aspects, c'est un métier qui est demeuré artisanal. Avec ce système de construction modulaire, nous apportons une approche plus industrielle, avec une interaction digitale et plus efficace. En outre, nous sommes très attentifs au fait que les matériaux que nous utilisons soient recyclables et donc avec une empreinte CO2 plus faible. Cette évolution s'inscrit dans les objectifs européens de décarbonation. Par exemple, en France, une nouvelle réglementation pour les logements neufs est entrée en vigueur au premier janvier de cette année. Elle a pour but l'amélioration de la performance énergétique et du confort des constructions tout en diminuant leur impact carbone." C'est dans ce contexte que le groupe Etex a redéfini depuis quelques années sa stratégie cédant ainsi ses activités dans le secteur de la toiture ( residential roofing) en 2020 pour se concentrer sur de nouvelles solutions de construction. Le groupe souhaite "inspirer les gens du monde entier à construire des espaces de vie toujours plus sûrs, plus durables, plus intelligents et plus esthétiques". Un vaste programme que le groupe familial belge met en oeuvre avec l'appui de plus de 11.000 collaborateurs dans 42 pays. Il compte six centres de R&D et 110 sites de production répartis à travers le monde. En 2020, son chiffre d'affaires s'est élevé à 2,6 milliards d'euros. Ses premiers marchés sont la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne qui ont représenté respectivement 21, 14 et 12% de ses revenus. Etex est connu de ses clients par son portefeuille de marques qui se déclinent localement. "Nous sommes actifs dans un secteur qui est très local, souligne le CEO. Il suffit de traverser une frontière pour changer d'habitudes en matière de construction. Nos marques commerciales sont bien connues sur leurs marchés respectifs où elles constituent des références comme, par exemple, Cedral (façades et terrasses en fibres-ciment), Durlock (plâtres) ou encore Promat (protection passive contre l'incendie). En ce qui concerne les plâtres, nous sommes dans le top 3 en Europe et en Australie et le leader en Amérique du Sud." A la palette de produits d'Etex, s'ajoutent donc cette année le polystyrène extrudé et la laine de verre minérale apportées par Ursa. Entreprise familiale, l'histoire d'Ursa débute en 1949. Au fil des années, elle s'est développée comme un acteur majeur au niveau européen dans le domaine de l'isolation. Propriété depuis 2017 du groupe allemand Xella, Ursa, dont le siège social est situé à Madrid, est présente dans une bonne vingtaine de pays européens où l'on retrouve souvent déjà Etex mais également sur de nouveaux marchés comme la Russie où le groupe belge n'est pas encore implanté. Elle emploie 1.700 collaborateurs, compte 13 sites de production et affiche un chiffre d'affaires de 500 millions d'euros. C'est, avec le rachat de la branche "plâtres" de Lafarge en 2011, l'une des plus importantes acquisitions du groupe Etex. Plus largement, cette acquisition constitue une nouvelle étape majeure dans la réorientation stratégique d'Etex qui vise à "devenir un acteur mondial des solutions de construction légère et durable". Elle s'inscrit dans le sillage des étapes précédentes, comprenant notamment l'acquisition du leader des plaques de plâtre en Europe et en Amérique latine en 2011 ainsi que l'acquisition du fabricant de plaques espagnol Pladur en 2017. Plus récemment, Etex a encore acquis (en 2020) l'entreprise britannique FSI Limited, spécialisée dans les solutions de protection passive contre l'incendie et axée sur les dispositifs coupe-feu, et a repris dans la foulée à Knauf sa branche 'plâtres' en Australie. Parallèlement à cette croissance externe, le groupe a cédé son activité céramique en 2016 et est sorti définitivement de l'activité de fabrication de tuiles en terre cuite et en béton en 2020. Avec Ursa, Etex s'ouvre un nouveau marché plein de promesses de croissance durable. L'une des réponses au changement climatique passera, dans l'Union européenne qui a affiché des objectifs ambitieux à l'horizon 2050, par la rénovation et l'isolation des bâtiments. "Il y a clairement une vague de fond en faveur de l'isolation, analyse Bernard Delvaux. Avec un quadruple impact positif: environnemental, social, politique et économique. C'est un projet où tout le monde gagne. Nous nous attendons à une belle croissance sur le marché de la rénovation et de l'isolation. Il peut y avoir deux freins. D'une part, le financement qui devra être assuré ; d'autre part, un manque de main-d'oeuvre pour réaliser ces chantiers et qu'il conviendra de former." Le défi en termes d'isolation est immense. Quelques chiffres en témoignent. Les bâtiments représentent 40% de la consommation d'énergie au sein de l'Union européenne, dont deux tiers pour le chauffage et la climatisation. Selon Etex, les matériaux d'isolation constituent un élément clé pour réaliser d'importantes économies d'énergie et réduire drastiquement les émissions de CO2. Par ailleurs, 75% des bâtiments en Europe ne sont pas efficaces sur le plan énergétique. Etant donné que 85 à 95% des bâtiments actuels seront encore utilisés en 2050, la rénovation est indispensable si l'on souhaite relever le défi environnemental que l'Europe s'est imposé. Last but not least, le taux de rénovation devrait doubler sur notre continent au cours des 10 prochaines années et 35 millions de bâtiments devraient être rénovés d'ici 2030. Dans ce cadre, les produits et l'expertise d'Ursa vont être précieux pour Etex. "Ce sont des produits de haute qualité qui nécessitent peu d'entretien et leur processus de fabrication comprend une proportion considérable de matériaux recyclés", ajoute Bernard Delvaux. Acteur mondial dans le domaine de la construction, Etex entend mieux se faire connaître. "Nous développons des solutions et des produits innovants en matière de soutenabilité et nous souhaitons communiquer à ce propos, explique Bernard Delvaux. Cela nous permettra d'attirer des talents dans les différents pays où nous sommes présents, ils pourront contribuer au développement du groupe." Même si la situation économique actuelle est encore marquée par de nombreuses incertitudes, l'avenir semble prometteur pour Etex d'autant qu'il a su absorber en 2021 les hausses de prix des matières premières et de l'énergie qui entrent en jeu dans ses processus de production. Bien implanté localement et actif dans des segments complémentaires de la construction, Etex dispose de tous les atouts pour accompagner la transition énergétique qui se dessine.