L'expérience est déroutante. Un peu comme si l'on se promenait dans un rêve et que l'on découvrait les espaces immaculés d'un futur émergent. Le casque de réalité virtuelle vissé sur la tête, on s'aventure dans les bureaux, les studios et les open spaces de MédiaSquare, le nouveau siège de la RTBF. Certes, nous ne sommes pas encore en 2025, mais cette visite en 3D donne déjà un bon aperçu de l'édifice qui jaillira sur le site de Mediapark, la future "Cité des Médias" bruxelloise où trônera aussi une VRT flambant neuve entre parcs, bureaux, commerces et logements.
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L'expérience est déroutante. Un peu comme si l'on se promenait dans un rêve et que l'on découvrait les espaces immaculés d'un futur émergent. Le casque de réalité virtuelle vissé sur la tête, on s'aventure dans les bureaux, les studios et les open spaces de MédiaSquare, le nouveau siège de la RTBF. Certes, nous ne sommes pas encore en 2025, mais cette visite en 3D donne déjà un bon aperçu de l'édifice qui jaillira sur le site de Mediapark, la future "Cité des Médias" bruxelloise où trônera aussi une VRT flambant neuve entre parcs, bureaux, commerces et logements. A l'inverse de l'immeuble actuel qui pèche par son allure stalinienne et son dédale de couloirs, la version virtuelle de MédiaSquare joue la carte de l'ouverture et de la transparence avec des façades entièrement vitrées et des espaces beaucoup plus aérés. Une pression sur la gâchette du joystick qui rythme cette visite irréelle et nous voilà transportés au sommet de ce bâtiment lumineux, avec une vue plongeante sur l'atrium où s'élève un arbre majestueux... Le 20 octobre dernier, c'était une journée de fête à la RTBF avec la présentation officielle du chantier, en léger différé. La pandémie avait en effet empêché l'organisation d'une cérémonie solennelle en août 2020 lorsque la première pierre de MédiaSquare a été formellement posée, marquant le début des travaux. Bref, une séance de rattrapage en grande pompe s'imposait à l'heure du Covid Safe Ticket, réunissant personnalités politiques et cadres du service public, sans masque.Accompagné de la toute dernière personne engagée à la RTBF (pour symboliser la transmission entre générations), l'administrateur général Jean-Paul Philippot s'est donc amusé ce jour-là à pousser un gros bouton rouge sur une estrade, façon The Voice. Le mécanisme a fait tomber un épais rideau noir, offrant ainsi aux invités une vue panoramique sur un chantier déjà bien avancé. Mais au-delà du show et des inévitables discours politiques, c'est surtout le projet architectural qui était au centre de toutes les attentions. Conçu par les bureaux belges V+ et MDW Architecture, le futur siège de la RTBF sera deux fois plus petit que l'immeuble existant (38.000 m2 de surface disponible contre 80.000 m2 aujourd'hui) et s'inscrira délibérément dans une logique de développement durable. Grâce à ses panneaux photovoltaïques et une isolation performante, le bâtiment sera passif et donc beaucoup moins énergivore que les bureaux actuels. A terme, cette dimension écologique devrait permettre à l'entreprise publique de réduire fortement ses coûts d'exploitation, ce qui est toujours précieux dans le cadre d'un nouvel investissement. A ce titre, la facture totale de MédiaSquare devrait dépasser les 180 millions d'euros qui seront financés selon la logique des "trois tiers", dixit Jean-Paul Philippot: un tiers via l'emprunt (la Banque européenne d'investissement a accordé un prêt de 60 millions à la RTBF pour ce projet), un tiers via les fonds propres de l'entreprise et un tiers via la vente des installations actuelles (surtout le terrain puisque les anciens bâtiments seront à terme démantelés). Animé par la volonté d'être un outil audiovisuel moderne, le futur siège de la RTBF veut aussi se positionner comme une structure qui fait écho aux préoccupations actuelles. "Nous ne construisons pas seulement un nouveau bâtiment, explique Jean-Paul Philippot, mais un projet d'entreprise qui a une ambition éditoriale et sociétale. MédiaSquare doit refléter les valeurs d'ouverture et de transparence propres au média de service public, un média qui doit être global au niveau de ses plateformes et local dans ses ambitions sociétales, ce qui lui permet de contribuer à la défense de la démocratie au 21e siècle." Les architectes l'ont d'ailleurs souligné: sur le plan esthétique, la structure se veut ouverte et transparente pour promouvoir ces valeurs chères à l'administrateur général. Dans cette logique, le futur siège de la RTBF présentera moins de murs et de locaux fermés pour privilégier davantage les open spaces et la convivialité. Repensés, les six étages du bâtiment translucide refléteront également l'évolution de la culture du travail qui a été récemment impactée par la pandémie. Les notions de partage, de nomadisme et de télétravail ont donc été intégrées dans la réflexion architecturale de MédiaSquare qui devrait concerner quelque 1.300 employés. Prévue jusqu'à la fin de l'année 2023, la construction du gros oeuvre sera suivie de l'aménagement des locaux, des studios et de tout le dispositif de production durant plusieurs semaines. Progressif, le déménagement des bureaux et du personnel de la RTBF pourrait débuter en mai 2024 et s'étendre sur une durée de six mois. Si aucun grain de sable ne vient enrayer cette machine bien huilée, MédiaSquare devrait donc être pleinement opérationnel en 2025, soit un an avant la fin du quatrième mandat de Jean-Paul Philippot à la tête de l'entreprise audiovisuelle publique. "Symboliquement, j'aimerais déjà y prononcer mes bons voeux en janvier 2024 et j'espère d'ailleurs être le premier à poser mes affaires à MédiaSquare car je n'y resterai pas longtemps", sourit l'administrateur général qui aura 66 ans en 2026 et ne briguera donc pas, selon ses dires, un cinquième mandat. Réaliste mais enthousiaste, Jean-Paul Philippot rappelle enfin que le nouveau siège de la RTBF s'intégrera dans un projet plus vaste baptisé Mediapark, "un écosystème autour des industries culturelles et créatives qui sera un des plus ambitieux d'Europe", souligne l'administrateur général. Déployé sur 20 hectares à l'ombre de la célèbre tour Reyers, ce nouveau quartier bruxellois prévoit la construction de près de 400.000 m2 de nouvelles surfaces sur la moitié du domaine (bureaux, commerces et logements), l'autre étant composée de lieux de passage et d'espaces verts. Parmi les bâtiments emblématiques de cette future "Cité des Médias", il y aura bien sûr les nouveaux sièges la RTBF et de la VRT, mais aussi l'immeuble Frame dont les travaux ont déjà commencé. Déployé sur sept niveaux, ce bâtiment de 8.000 m2 sera la vitrine de Mediapark et accueillera notamment le futur siège de la télévision régionale BX1, l'institut de formation Ihecs Academy, un espace de coworking pour différents acteurs des médias et, très probablement, les bureaux de Screen Brussels, la structure régionale d'accompagnement pour les entrepreneurs de l'industrie audiovisuelle. Séduisante, l'idée est d'y favoriser les synergies entre les médias, les écoles et les entreprises d'un secteur qui mobilise aujourd'hui plus de 20.000 personnes dans la Région de Bruxelles-Capitale.