Cette information soulève la question auprès de certains de savoir si les biens immobiliers sont toujours abordables et si les maisons ne deviennent pas, petit à petit, trop chères. Surtout pour les jeunes ménages qui achètent leur première maison. "Une crainte totalement injustifiée", déclare le spécialiste de l'immobilier Emmanuel Deboulle, Business Development Manager Wallonie-Bruxelles de ERA, un des plus grands groupes immobiliers de Belgique. "L'abordabilité de nos maisons dépend de bien plus que du 'prix sec' de l'habitation."

Environ 4 ou 5%. C'est ce que vous avez payé en plus pour acheter une maison en 2020 par rapport à l'année précédente. Chaque année, tout devient un peu plus cher. Et c'est donc vrai aussi pour le 'prix sec' d'une maison. De nombreuses personnes estiment d'ailleurs que les prix de l'immobilier deviennent inabordables. "Pour les jeunes Belges, il devient quasiment impossible d'acheter une maison", entend-on souvent dire. Mais alors, pourquoi ces mêmes jeunes parviennent-ils encore à acheter des maisons? L'explication est - comme souvent - beaucoup plus nuancée. Après tout, l'accessibilité financière d'une habitation ne se résume pas à ce 'prix sec'.

Ainsi, un taux d'intérêt historiquement bas rend les prêts au logement beaucoup moins chers. Un regard sur le baromètre des taux d'intérêt de Immotheker Finotheker révèle que le taux d'intérêt moyen a presque diminué de moitié en cinq ans. Au début de l'année 2016, il était juste en dessous de 1,9%, alors qu'en 2020, il était tombé sous la limite symbolique de 1%. Et si l'on regarde encore plus en arrière, le taux d'intérêt moyen était bien plus élevé : en 2010, par exemple, il dépassait même les 4%. Chaque année, des voix s'élèvent pour affirmer que le taux d'intérêt ne peut pas continuer à baisser, mais chaque année, cela continue de se produire. Et tant qu'il n'aura pas atteint zéro, il peut continuer à baisser. D'autant plus qu'à l'heure actuelle, aucun signe ne semble indiquer une augmentation.

Prenons un exemple concret pour bien illustrer l'impact de ce taux d'intérêt plus bas. Si vous aviez contracté un emprunt d'environ 250.000 euros en 2010, c'était à un taux d'intérêt moyen d'environ 4%. À ce taux, vous auriez payé environ 1.300 euros par mois - sur une durée standard de 25 ans. Si vous faisiez le même calcul avec un taux d'intérêt moyen aujourd'hui - autour de 1% donc - vous ne paieriez qu'environ 950 euros par mois. Un monde de différence...

Parallèlement, les revenus bruts des Belges augmentent également. Selon les derniers chiffres de Statbel, ils affichent une hausse d'environ 3,2% par an depuis l'année 2000. Les dernières informations figurant dans leurs publications indiquent que le salaire mensuel brut moyen s'élève ainsi à 3.627 euros. L'augmentation des salaires mensuels brut est alors d'environ 116 euros chaque année. En d'autres termes : le candidat-acheteur moyen peut dépenser chaque année plus ou moins 50 euros net de plus par mois pour son prêt immobilier. À première vue, cela peut sembler un petit montant, mais sur le crédit standard de 25 ans repris ci-dessus, cela vous permet d'obtenir facilement environ 10.000 euros de budget supplémentaire auprès d'une banque aujourd'hui.

Et puis il y a l'inflation qui stagne depuis le début de l'année dernière. L'indice des prix à la consommation s'élevait à 109,69 points en janvier 2020 pour 109,49 points en décembre 2020. Il a donc très légèrement baissé.

Bref, non seulement le prix de notre panier n'a pas augmenté l'année dernière, mais il nous a même coûté un peu moins cher. Et cela pour la première fois depuis longtemps. La valeur de votre argent n'a dès lors pas diminué non plus, ce qui est bon pour votre pouvoir d'achat et donc, pour le budget que vous pouvez consacrer - par exemple - au remboursement d'un crédit immobilier.

La vérité est toujours plus complexe que 'les prix des maisons augmentent' ou 'les maisons sont de plus en plus chères'. D'un point de vue purement technique, de telles allégations sont bien sûr correctes mais elles ne disent pas grand-chose sur l'accessibilité financière des habitations.

Il faut analyser les choses dans leur ensemble et ne pas tomber dans les pièges du catastrophisme inutile. Les logements en Belgique restent - du moins jusqu'à aujourd'hui - assez abordables. Pour vous en convaincre, jetez un oeil sur les prix des maisons de nos voisins hollandais. La dernière augmentation de prix qu'ils ont signalée, en novembre, était de 9%. Une sacrée différence, pas vrai ?

Emmanuel Deboulle, Business Development Manager Wallonie-Bruxelles de ERA Belgium

Cette information soulève la question auprès de certains de savoir si les biens immobiliers sont toujours abordables et si les maisons ne deviennent pas, petit à petit, trop chères. Surtout pour les jeunes ménages qui achètent leur première maison. "Une crainte totalement injustifiée", déclare le spécialiste de l'immobilier Emmanuel Deboulle, Business Development Manager Wallonie-Bruxelles de ERA, un des plus grands groupes immobiliers de Belgique. "L'abordabilité de nos maisons dépend de bien plus que du 'prix sec' de l'habitation."Environ 4 ou 5%. C'est ce que vous avez payé en plus pour acheter une maison en 2020 par rapport à l'année précédente. Chaque année, tout devient un peu plus cher. Et c'est donc vrai aussi pour le 'prix sec' d'une maison. De nombreuses personnes estiment d'ailleurs que les prix de l'immobilier deviennent inabordables. "Pour les jeunes Belges, il devient quasiment impossible d'acheter une maison", entend-on souvent dire. Mais alors, pourquoi ces mêmes jeunes parviennent-ils encore à acheter des maisons? L'explication est - comme souvent - beaucoup plus nuancée. Après tout, l'accessibilité financière d'une habitation ne se résume pas à ce 'prix sec'.Ainsi, un taux d'intérêt historiquement bas rend les prêts au logement beaucoup moins chers. Un regard sur le baromètre des taux d'intérêt de Immotheker Finotheker révèle que le taux d'intérêt moyen a presque diminué de moitié en cinq ans. Au début de l'année 2016, il était juste en dessous de 1,9%, alors qu'en 2020, il était tombé sous la limite symbolique de 1%. Et si l'on regarde encore plus en arrière, le taux d'intérêt moyen était bien plus élevé : en 2010, par exemple, il dépassait même les 4%. Chaque année, des voix s'élèvent pour affirmer que le taux d'intérêt ne peut pas continuer à baisser, mais chaque année, cela continue de se produire. Et tant qu'il n'aura pas atteint zéro, il peut continuer à baisser. D'autant plus qu'à l'heure actuelle, aucun signe ne semble indiquer une augmentation.Prenons un exemple concret pour bien illustrer l'impact de ce taux d'intérêt plus bas. Si vous aviez contracté un emprunt d'environ 250.000 euros en 2010, c'était à un taux d'intérêt moyen d'environ 4%. À ce taux, vous auriez payé environ 1.300 euros par mois - sur une durée standard de 25 ans. Si vous faisiez le même calcul avec un taux d'intérêt moyen aujourd'hui - autour de 1% donc - vous ne paieriez qu'environ 950 euros par mois. Un monde de différence...Parallèlement, les revenus bruts des Belges augmentent également. Selon les derniers chiffres de Statbel, ils affichent une hausse d'environ 3,2% par an depuis l'année 2000. Les dernières informations figurant dans leurs publications indiquent que le salaire mensuel brut moyen s'élève ainsi à 3.627 euros. L'augmentation des salaires mensuels brut est alors d'environ 116 euros chaque année. En d'autres termes : le candidat-acheteur moyen peut dépenser chaque année plus ou moins 50 euros net de plus par mois pour son prêt immobilier. À première vue, cela peut sembler un petit montant, mais sur le crédit standard de 25 ans repris ci-dessus, cela vous permet d'obtenir facilement environ 10.000 euros de budget supplémentaire auprès d'une banque aujourd'hui.Et puis il y a l'inflation qui stagne depuis le début de l'année dernière. L'indice des prix à la consommation s'élevait à 109,69 points en janvier 2020 pour 109,49 points en décembre 2020. Il a donc très légèrement baissé. Bref, non seulement le prix de notre panier n'a pas augmenté l'année dernière, mais il nous a même coûté un peu moins cher. Et cela pour la première fois depuis longtemps. La valeur de votre argent n'a dès lors pas diminué non plus, ce qui est bon pour votre pouvoir d'achat et donc, pour le budget que vous pouvez consacrer - par exemple - au remboursement d'un crédit immobilier.La vérité est toujours plus complexe que 'les prix des maisons augmentent' ou 'les maisons sont de plus en plus chères'. D'un point de vue purement technique, de telles allégations sont bien sûr correctes mais elles ne disent pas grand-chose sur l'accessibilité financière des habitations.Il faut analyser les choses dans leur ensemble et ne pas tomber dans les pièges du catastrophisme inutile. Les logements en Belgique restent - du moins jusqu'à aujourd'hui - assez abordables. Pour vous en convaincre, jetez un oeil sur les prix des maisons de nos voisins hollandais. La dernière augmentation de prix qu'ils ont signalée, en novembre, était de 9%. Une sacrée différence, pas vrai ?Emmanuel Deboulle, Business Development Manager Wallonie-Bruxelles de ERA Belgium