C'est une drôle de pièce qui se joue actuellement en coulisses. Pascal Smet, secrétaire d'État bruxellois en charge de l'Urbanisme, a décidé début septembre que l'important projet Realex du promoteur immobilier Atenor devait être amputé de sa tour de bureau. L'immeuble de 114 m2 situé rue de la Loi serait trop imposant dans le skyline local. Un revirement alors que ce projet disposait d'un accord oral du secrétaire d'État depuis de nombreux mois et que le permis d'environnement a été délivré en juin dernier.
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C'est une drôle de pièce qui se joue actuellement en coulisses. Pascal Smet, secrétaire d'État bruxellois en charge de l'Urbanisme, a décidé début septembre que l'important projet Realex du promoteur immobilier Atenor devait être amputé de sa tour de bureau. L'immeuble de 114 m2 situé rue de la Loi serait trop imposant dans le skyline local. Un revirement alors que ce projet disposait d'un accord oral du secrétaire d'État depuis de nombreux mois et que le permis d'environnement a été délivré en juin dernier.Le Realex, dont les premières discussions remontent à plus de 15 ans, n'est pas qu'un simple projet immobilier de plus dans le ciel bruxellois. Il concerne la construction du nouveau Centre de conférences de l'Union européenne (26.000 m2), surmonté d'une tour de bureau de 30.000 m2. L'ensemble doit être construit d'ici 2025, selon le cahier des charges de l'OIB, le bras immobilier de la Commission européenne. Atenor espérait obtenir son permis d'urbanisme avant l'été, après de longs mois d'attente. Le promoteur la hulpois devrait donc désormais déchanter. Si le refus de l'actuelle demande de permis se confirme, conduisant à uniquement construire le Centre de conférences, cela induirait de recommencer toute une nouvelle procédure. Soit un délai d'environ deux années supplémentaires. Difficilement tenable d'un point de vue timing avec la Commission. Et difficilement tenable d'un point de vue financier pour Atenor. "Nous n'avons aucun intérêt à perdre deux années supplémentaires pour ne construire qu'un Centre de conférences de 55 mètres de haut", estime Stephan Sonneville, le CEO d'Atenor, particulièrement remonté devant cette volte-face.Un plan A et un plan BDeux options semblent en fait encore sur la table. Soit le permis global est accordé. Et tant la Commission que le promoteur sont satisfaits. Soit le permis est refusé et Atenor actionne alors son plan B : construire uniquement une tour de bureau de la même hauteur (114 m2), mais sans Centre de conférences. Il dispose déjà d'un permis (obtenu en 2019 mais avec des recours pendants) pour un immeuble uniquement dédié au bureau. Et assure qu'il n'aura aucun problème pour vendre l'ensemble à la Commission, rentrant dans les clous de l'appel à projets lancé il y a peu par l'OIB. "D'une manière ou d'une autre, il y aura une tour de bureau, lance Stephan Sonneville. Je suis en tout cas ébahi devant tant d'incohérences. La Région et la Commission ont négocié cet été trois points, dont l'un concernait la construction du centre de conférence. Je peux vous dire que la Commission est choquée par cette attitude qui donne encore une mauvaise image de Bruxelles. Cette instabilité dans le chef de nos décideurs est inconcevable pour tout entrepreneur un peu sérieux."Du côté de Pascal Smet, on confirme en tout cas l'intention de mettre fin au projet Realex en l'état : "Vu le PAD Loi qui est en cours d'élaboration, vu les modifications des ambitions de la Commission européenne et le fait que cette tour serait la seule du quartier européen, on estime qu'une telle intervention créerait un déséquilibre urbanistique. Nous avons donc proposé à Atenor qu'il nous revienne avec une alternative permettant de construire des bureaux à côté du Centre du conférences. Nous attendons donc de leurs nouvelles." Il nous revient qu'Atenor ne rencontrera pas ce souhait. La partie s'annonce encore longue...