Sur le marché immobilier, les banques belges continuent d'octroyer des prêts hypothécaires à des conditions de crédit très souples (prêts de durée plus longue, rapport plus élevé entre le montant emprunté et la valeur du bien financé et part plus importante des remboursements dans les revenus des emprunteurs), constate la BNB dans son rapport macro-prudentiel 2019.

D'après elle, ces crédits se font de surcroît souvent à des taux et à des marges d'intérêt qui ne correspondent pas aux risques inhérents et au coût du capital.

"Ces évolutions conduisent à la constitution de volumineux portefeuilles de crédits à faible rendement qui, à terme, hypothèquent une rentabilité structurelle du secteur bancaire conforme aux exigences du marché, affaiblissant ainsi la capacité d'intermédiation et la résilience de ce secteur", estime la BNB.

Dans ce contexte, elle plaide une nouvelle fois pour une tarification "correcte et conforme aux risques des crédits hypothécaires", a souligné son gouverneur, Pierre Wunsch. La BNB demande en outre une réduction substantielle des prêts hypothécaires à risque et de ceux dont la quotité (autrement dit le rapport entre le montant emprunté et la valeur du bien) est supérieure à 90%.

Face à "l'accumulation de vulnérabilités" dans le secteur, la BNB avait décidé mi-2018 d'instaurer une mesure macro-prudentielle pour l'immobilier résidentiel visant à augmenter les réserves des banques. Cette mesure a permis la formation par les banques d'un coussin d'environ 1,7 milliard d'euros de fonds propres. Son gouverneur n'a pas exclu lundi "de prendre de nouvelles mesures au besoin".