Ils sont jeunes, ambitieux et idéalistes. Wouter Nuytten (24 ans) et Lothar De Keyne (26 ans) lancent Human Districts, un " promoteur d'un type nouveau ". L'objectif est de mettre sur le marché des habitations durables et écologiques mais qui restent abordables financièrement, et ce grâce à une collaboration avec d'autres entreprises innovantes qui partagent les mêmes valeurs.
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Ils sont jeunes, ambitieux et idéalistes. Wouter Nuytten (24 ans) et Lothar De Keyne (26 ans) lancent Human Districts, un " promoteur d'un type nouveau ". L'objectif est de mettre sur le marché des habitations durables et écologiques mais qui restent abordables financièrement, et ce grâce à une collaboration avec d'autres entreprises innovantes qui partagent les mêmes valeurs. Aujourd'hui, vivre en milieu urbain est devenu impayable pour beaucoup de (jeunes) personnes. " Dans ma ville - Gand -, le prix des habitations a plus que doublé en l'espace de 10 ans, constate Wouter Nuytten. Plus de 30 % des revenus des ménages sont consacrés aux besoins de base comme le logement, l'électricité, le gaz, l'eau, etc. En outre, les habitations passives sont aujourd'hui très chères - 250.000 euros, c'est à peu de choses près le minimum. En effet, les technologies durables comme les panneaux solaires, les compteurs d'énergie intelligents et les systèmes de récupération d'eau ont un prix. C'est dommage. Selon notre point de vue, la durabilité et l'écologie sont précisément des éléments qui permettent de rendre le logement plus accessible. Nous prenons ces investissements en charge. L'occupant paie un forfait fixe par mois pour l'eau, l'électricité, le traitement des déchets, l'Internet, etc. Une fois que l'investissement initial est remboursé, ces commodités lui sont offertes gratuitement. " Pour atteindre ce but, Human Districts s'associe à plusieurs jeunes entreprises de l'économie durable. EVBOX (bornes électriques), smappee (monitoring énergétique) et Futech (énergie solaire), entre autres, font déjà partie de l'écosystème de Human Districts. " D'ici la fin de ce mois, nous serons probablement 12 ", commente Wouter Nuytten. Pour la partie immobilier, la société a pour partenaire Skilpod, qui construit des logements modulaires entiers dans son atelier de Geel. Ensuite, le bâtiment est installé sur la parcelle à l'aide d'une grue. " Le processus de construction est en grande partie automatisé. Et un processus de construction plus court est synonyme de prix beaucoup plus bas ", explique Wouter Nuytten. Pour un appartement de 80 m2, il est possible de ne pas dépasser 100.000 euros, soutient-il. " C'est un prix hors TVA, mais toutes finitions comprises, donc avec salle de bains, cuisine, revêtements de sol, etc. " Le premier grand test est prévu pour la mi-2018. Human Districts entamera alors la construction d'un village de soins sur un ancien site industriel en Flandre-Orientale. Quarante maisons pour seniors sont prévues sur ce terrain d'environ 10 hectares. " A l'avenir, nous voudrions cibler le centre-ville, déclare Wouter Nuytten. L'espace est déjà tellement morcelé dans notre pays. Et il y a tellement de bâtiments qui restent vides dans nos villes et qui se détériorent. Nous voulons lutter contre cette inoccupation par la rénovation ou la reconversion. Il s'agit par ailleurs d'une activité que préfèrent éviter les promoteurs classiques. Pourquoi ? Parce que ce sont des projets difficilement modulables. Les développeurs de projets jettent de préférence leur dévolu sur les grandes parcelles et les grands sites. Reconvertir des biens individuels est un processus chronophage." Afin de pouvoir appliquer ce modèle à grande échelle, Human Districts travaille déjà à la création d'un fonds immobilier. " Nous misons dans un premier temps sur environ 100 millions d'euros, confie Wouter Nuytten. C'est un montant nécessaire pour être un acteur qui compte sur le marché immobilier actuel. Mais je suis confiant, nous pourrons réunir cette somme. Nous avons déjà reçu l'engagement de quelques familles fortunées. " Pour commencer, Human Districts va rester propriétaire des habitations rénovées/reconverties et les donner en location. " Nous voulons éviter que les gens achètent un logement à 130.000 euros et le revendent 200.000 euros après un an ", explique Wouter Nuytten. Les revenus locatifs servent à indemniser les investisseurs. Wouter Nuytten parle d'impact investors, car leur investissement vise certes un " rendement raisonnable ", d'environ 3 %, mais aussi et surtout des améliorations sociales : des villes plus agréables et des logements accessibles à ceux qui disposent de faibles moyens financiers.