Dans le jargon immobilier, on appelle "valeur de convenance" ce prix qu'un amateur est prêt à payer pour acquérir un bien qui lui convient tout particulièrement.
...

Dans le jargon immobilier, on appelle "valeur de convenance" ce prix qu'un amateur est prêt à payer pour acquérir un bien qui lui convient tout particulièrement. Vous avez reçu une offre très intéressante pour votre bien immobilier, au-delà de vos espérances? Certains amateurs sont prêts à payer le prix fort pour ne pas passer à côté d'un bien auquel ils attachent une valeur personnelle. Cette somme paraît aberrante au commun des acheteurs. Et pour cause. Elle est fortement éloignée de la valeur vénale du bien, c'est-à-dire de sa valeur normale. En effet, la valeur de convenance est le terme employé pour désigner le prix subjectif qu'un acheteur accepte de payer pour acquérir un bien auquel il attache une valeur particulière. C'est donc une valeur non objective mais une réalité de marché. Mais quelles sont ces raisons qui poussent un acheteur potentiel à tirer les prix vers le haut? Elles peuvent être variées. Il sera par exemple prêt à payer plus pour: La plupart du temps, il est impossible pour le vendeur de deviner les motivations à l'achat des amateurs... sauf si l'acheteur vous les sert sur un plateau. La raison pour laquelle il accorde tant de valeur à votre bien pourrait surgir au détour d'une conversation. Moralité: laissez parler l'acheteur potentiel. Engagez la conversation en douceur et prenez le temps de l'écouter attentivement, sans l'interrompre. L'interroger directement pour connaître ses motivations? Mauvaise idée! Il risquerait de se braquer si vos questions lui donnent l'impression de subir un interrogatoire. Mais à vous de jouer si vous voulez aller chercher la substantifique moëlle de votre bien. "Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point", disait Blaise Pascal. Ces conseils valent aussi pour vous, acheteur. Si vous convoitez un bien immobilier pour une raison particulière, ne soyez pas trop bavard. Vous risquez de donner un signal d'achat fort au propriétaire ou au vendeur professionnel. Vous pourriez non seulement payer trop cher le bien et ne pas le revendre tout aussi cher après. En cas de revente, les futurs candidats pourraient ne pas valoriser les mêmes caractéristiques subjectives que vous. Cette valeur n'est pas liée au bien mais à la personne qui l'achète. Et elle n'est pas systématique dans le temps, ni dans l'espace: certaines habitations n'atteignent pas de prix de convenance.Evelyne Gielen, Economiste immobilier Metrecarre