Sa construction ne sera terminée qu'en 2018. Qu'importe. L'Agora Resort Urbain (mené par Eckelmans) est déjà aujourd'hui l'un des symboles du virage immobilier emprunté par Louvain- la-Neuve depuis quelques années. Un immeuble haut de gamme, multifonction, qui complète l'offre de logement dans un segment encore inexploré. Les prix affichés emmènent d'ailleurs la cité universitaire dans une nouvelle dimension : plus de 700.000 euros pour un appartement quatre chambres de 160 m2. Soit entre 4.300 et 4.800 euros/m2. "Ces prix n'ont plus rien à envier aux plus riches communes de Belgique, fait remarquer Eric Schartz, directeur de Matexi Brabant wallon. Louvain-la-Neuve devient le centre d'attractivité économique de la Wallonie. Les cerveaux et les services y sont omniprésents. Bien loin devant Namur ou Liège. Je ne suis donc pas étonné que cette attractivité se répercute sur les prix de l'immobilier, qui grimpent même parfois jusqu'à 5.000 euros/m2."
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Sa construction ne sera terminée qu'en 2018. Qu'importe. L'Agora Resort Urbain (mené par Eckelmans) est déjà aujourd'hui l'un des symboles du virage immobilier emprunté par Louvain- la-Neuve depuis quelques années. Un immeuble haut de gamme, multifonction, qui complète l'offre de logement dans un segment encore inexploré. Les prix affichés emmènent d'ailleurs la cité universitaire dans une nouvelle dimension : plus de 700.000 euros pour un appartement quatre chambres de 160 m2. Soit entre 4.300 et 4.800 euros/m2. "Ces prix n'ont plus rien à envier aux plus riches communes de Belgique, fait remarquer Eric Schartz, directeur de Matexi Brabant wallon. Louvain-la-Neuve devient le centre d'attractivité économique de la Wallonie. Les cerveaux et les services y sont omniprésents. Bien loin devant Namur ou Liège. Je ne suis donc pas étonné que cette attractivité se répercute sur les prix de l'immobilier, qui grimpent même parfois jusqu'à 5.000 euros/m2." Louvain-la-Neuve connaît une flambée des prix de son marché immobilier depuis le milieu des années 2000. Ses atouts sont connus : une multitude de services au coeur d'un espace piéton et une qualité de vie qui attire les plus de 60 ans avides de délaisser leur grande villa pour un bien immobilier plus confortable et accessible. "C'est une tendance indéniable, confirme Nicolas Cordier, directeur de la société de logement public Notre Maison. Mais il faut surtout mettre en avant le fait que l'offre en logements neufs y est quasi inexistante. Ce qui fait exploser les prix quand des appartements sont mis sur le marché. Le dernier projet d'envergure à Louvain-la-Neuve date d'il y a quatre ou cinq ans." Une situation qui provoque bien évidemment quelques soucis aux acheteurs moins fortunés. Les candidats acquéreurs de moins de 35 ans ne peuvent par exemple plus se permettre d'investir dans la cité universitaire. " Et ce alors que certains ont passé toute leur vie ici, y ont grandi et étudié", regrette l'échevin local de l'Urbanisme Cédric du Monceau (cdH). Dans un paysage immobilier brabançon en (léger) recul après des années de hausse constante, Louvain-la-Neuve parvient donc malgré tout à tirer son épingle du jeu. Si, en Brabant wallon, les maisons au-delà de 400.000 euros mettent davantage de temps avant de trouver preneur, Louvain-la-Neuve fait office de village gaulois. "C'est un marché à part dans l'immobilier brabançon, estime la notaire locale Valérie Masson. L'offre de services y est tellement particulière que le marché résiste à tous les vents contraires. Le prix des appartements neufs ne faiblit pas (il s'envoleau-delà des 3.500 euros/m2, Ndlr)." Reste que si Ottignies et Louvain-la-Neuve font partie de la même entité, il s'agit de deux marchés immobiliers complètement distincts. Si on se prête au jeu des comparaisons, nous avons d'un côté une jeune demoiselle attrayante et de l'autre, une dame d'un certain âge qui tente un dernier lifting pour séduire à nouveau la jeune garde. "Les prix à Louvain- la-Neuve sont un tiers plus chers qu'à Ottignies, fait remarquer Me Masson. Vous pouvez encore trouver des maisons à des prix abordables dans des quartiers tels que le centre d'Ottignies ou Limelette. Ce sont des quartiers plus anciens, avec des maisons ouvrières." Un constat qui n'est pas vraiment partagé par certains acteurs de terrain. A l'agence immobilière Brabimmo, le directeur Alexandre Crochet estime "qu'il n'y a plus de quartiers bon marché, à l'exception de l'une ou l'autre rue. Les prix sont élevés partout". Et ils devraient encore grimper à l'avenir avec les projets résidentiels d'envergure lancés autour du centre d'Ottignies par Matexi (Bétons Lemaire, 600 logements) ou encore par CFE autour de la gare (Benelmat, 1.500 logements). Quelles solutions trouver si on souhaite encore habiter dans le centre du Brabant wallon ? A Louvain-la-Neuve, on l'a compris, il vaut mieux passer son chemin si on ne dispose pas d'un portefeuille bien rempli. Diverses pistes sont toutefois à l'étude pour tenter d'offrir la possibilité à de jeunes ménages de rester dans la ville. Comme celle du Community Land Trust (lirel'encadré "Un pionnier de l'habitat alternatif"). Mais la tendance la plus courante est actuellement de déplacer ses envies de quelques kilomètres, de quoi pénétrer un marché immobilier moins mis sous pression tout en gardant le critère de la localisation dans un coin de la tête. Quand on regarde une carte de la région, trois communes tirent leur épingle de jeu : Mont-Saint-Guibert, Court-Saint-Etienne et Genappe. La première profite pleinement de l'attractivité de Louvain-la-Neuve. L'Axisparc, son centre d'affaires, lui permet d'ailleurs de prolonger physiquement le déploiement économique de la région vers le centre de cette entité. " Plusieurs projets majeurs s'y développent, fait remarquer Jean-Luc Son, directeur de REIM, qui y développe actuellement le quartier des Jardins de l'Orne (260 logements) pour le compte de Ginkgo. Les prix y sont nettement inférieurs, autour de 2.600 m2 pour du neuf. Tout en bénéficiant pratiquement des mêmes avantages que ceux qui habitent à Louvain-la-Neuve, mais dans un cadre beaucoup plus verdoyant. Vous pouvez trouver des maisons à 250.000 euros, ce qui est assez exceptionnel pour la région." D'autres réhabilitations ou projets sont en cours de développement dans cette commune, ce qui devrait permettre d'accentuer l'offre de logements neufs. A Court-Saint-Etienne, cette ancienne cité ouvrière efface doucement les stigmates de son riche passé industriel. Un important dossier est attendu au tournant pour redynamiser cette entité. Equilis, le bras immobilier de Mestdagh, y mène actuellement, sur 10 ha, la reconversion des anciennes usines Henricot en un écoquartier de 350 logements baptisé Court-Village. "Les prix y sont plus accessibles qu'à Ottignies, explique Alexandre Crochet, de l'agence Brabimmo. Bien desservie en voies de communication, notamment par la N25, on peut encore y faire de très belles affaires." Notons que les prix du neuf tournent autour de 2.600 euros/m2. Enfin, à Genappe se dessine également la reconversion de l'ancienne sucrerie. Matexi est à la manoeuvre pour la première phase de cette reconversion baptisée I-Dyle (260 logements sur 8,5 ha). A terme, on pourrait retrouver au total près de 800 logements sur ce site de 145 ha dont 66 ha de site naturel. "Il y aura une mixité dans les logements et dans les profils des acquéreurs, précise Gil Lavend'homme, qui pilote le dossier pour Matexi. L'idée est vraiment de proposer une nouvelle manière d'habiter aux futurs habitants." Si le recours de certains riverains a été balayé par le Conseil d'Etat, il faudra toutefois encore un peu patienter puisque le début de la commercialisation n'est pas attendue avant le premier semestre 2017. Par Xavier Attout.